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93e année

Béatrice Debeaux

Du caractère et de l’exigence

Portrait de Béatrice Debeaux
Béatrice Debeaux a utilisé son expérience dans la télésurveillance pour créer ARGE, il y a 20 ans (Crédit : N. Hubert)

Travailler enfermée dans un bureau ne correspondait pas à l’idée que Béatrice Debeaux avait de sa carrière professionnelle. Née à Valence mais élevée dans une station-service dans le quartier des Bourroches à Dijon où elle faisait les pleins, nettoyait les pare-brise ou tenait la caisse, elle voulait rencontrer du monde et s’est donc dirigée vers un BTS action commerciale. Elle débute dans la télésurveillance à 22 ans. « On m’a demandé de compléter mon cursus par un BTS Force de vente. »

Béatrice Debeaux s’exécute et se présente en candidat libre. Quand la plupart des élèves arrive profil bas au moment de l’oral, la jeune femme au caractère déjà bien trempé n’hésite pas à tenir tête à une examinatrice qui lui reproche sa technique de vente. « Je lui suis rentré dedans ! » reconnait sans détour et en toute franchise Béatrice Debeaux. Cette échauffourée lui vaudra un zéro pointé de la part de l’examinatrice mais la note maximale du professionnel présent, lui aussi jury. « Non seulement il m’a soutenu mais grâce à lui j’ai eu mon BTS et je l’ai signé comme client ensuite. »

L’ascension

A 23 ans, elle devient cheffe des ventes, responsable d’une équipe de huit personnes. A 25 ans, elle dirige l’agence de Lille et à 28 ans à peine, elle occupe la fonction de directrice régionale. Sa progression ne s’arrête pas là. Béatrice Debeaux se voit ensuite confier le contrôle en France et à l’étranger de l’uniformisation des politiques commerciales de l’entreprise qui l’emploie. « A 33 ans, je suis devenue directrice commerciale pour la Suisse. »

« J’aime faire avancer chaque personne, au-delà de son seuil d’incompétence. »

Si l’ascension est fulgurante, elle sera pourtant freinée par un profond désaccord quant à la stratégie commerciale à adopter. Elle décide de quitter l’entreprise. Sans emploi, elle se laisse envahir par l’idée de créer sa propre entreprise en s’appuyant sur l’expérience acquise et « pour ne pas m’ennuyer dans un poste de salariée. » En janvier 2002, elle accouche de sa fille et au mois de juin de la même année, elle fonde ARGE à Dijon et Nancy avec une dizaine de collaborateurs.

Services et technologie

Béatrice Debeaux conçoit son entreprise au service des professionnels avec un souci de proximité afin qu’il trouve un interlocuteur disponible et accessible tout autant qu’un service technique réactif. PME, PMI, industriels, grands groupes, artisans, commerçants, agriculteurs, libéraux ou encore collectivités se confrontent, chacun à leur mesure, à des risques de vols ou d’agressions. Pour les aider et trouver la solution adaptée, la professionnelle de la télésurveillance associe écoute et innovation. « Nous avons des outils qui permettent une double levée de doute, audio et vidéo, associés à une télé-interpellation vocale immédiate qui fait fuir 99,9% des intrus » précise la dirigeante d’ARGE.

Portrait de Béatrice Debeaux
Béatrice Debeaux, experte en télésurveillance, met son exigence au service de ses clients (Crédit : N. Hubert)

La vidéoprotection, gérée en toute simplicité par les chefs d’entreprise, assure la sécurité des personnels ainsi que des produits et des locaux grâce à l’intelligence artificielle. Le générateur de brouillard peut quant à lui rassurer les bureaux de tabac ou les bijouteries. Le système, créant une invisibilité totale en quelques secondes, encourage le cambrioleur à prendre la fuite au plus vite. « On ne vole pas ce que l’on ne voit pas ! » A la pointe des nouvelles technologies, ARGE propose également des solutions de contrôle d’accès ainsi que des produits de marquage codés, reconnus par le Ministère de l’Intérieur. « Les évolutions sont permanentes, il faut toujours être attentif. »

En constante évolution

Forte de ses solutions, ARGE s’est non seulement développé à Dijon et Nancy mais s’est également implanté dans les Hauts de France en 2013 et en région parisienne en 2019. Aujourd’hui, l’entreprise s’appuie sur 25 salariés, affiche un chiffre d’affaires de près de quatre millions d’euros en 2021 et compte plus de 3 000 clients. Depuis 20 ans, Béatrice Debeaux reconnait avoir vécu des hauts et des bas. « J’ai vu des ronds de cuir qui ne se remettaient plus en question, qui avaient plus le goût de l’effort et préféraient se reposer sur leurs acquis mais chez ARGE, comme ailleurs, pour avancer, il faut évoluer et sortir de sa zone de confort, surtout dans le secteur commercial. » La cheffe d’entreprise s’est donc entourée d’une équipe « d’exception » qui a porté le résultat au-delà des objectifs. Elle se réjouit par ailleurs de la fidélité d’une grande partie de ses collaborateurs.

Le goût de l’humain

Attentive à ses clients, Béatrice Debeaux l’est également à ses équipes, cherchant à les faire progresser et s’épanouissant dans cette gestion des hommes et des défis. « J’aime faire avancer chaque personne, au-delà de son seuil d’incompétence, c’est-à-dire, en dépassant leur propre limite. » La dirigeante n’hésite pas à leur confier des responsabilités pour les faire évoluer au sein de la structure. Après 20 ans d’activité, la dirigeante n’a aucun regret. « Si c’était à refaire, je ne changerais rien car les moments qui semblent négatifs apportent de la force et de l’expérience. » Béatrice Debeaux continue à faire avancer ARGE, recrutant des équipes commerciales mais peinant à trouver chaussure à son pied, « des profils qui ont la niaque et du punch. » Côté service, elle entend garder la même exigence, tant pour ses collaborateurs que pour elle-même, les clés d’un succès qui dure.

Nadège Hubert