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93e année

Denis Da Silva

Du tennis de table à la photo

Denis Da Silva, alias Denis Photography, expose depuis octobre dernier quelques-unes de ses œuvres dans les caveaux de dégustation et le Spa du Grand Hôtel La Cloche, à Dijon. JDP

Depuis le mois d’octobre, cinq œuvres de Denis Photography sont à découvrir au Grand Hôtel La Cloche. Derrière ce pseudonyme, un Dijonnais qui n’aurait jamais imaginé, deux ans auparavant, pouvoir présenter au grand public ses photos ni même les vendre. Un brin hyperactif, Denis Da Silva fait partie de ces personnes qui vivent à 100 à l’heure, jusqu’à cumuler trois vies en une pour son cas. Fonctionnaire, lorsqu’il n’est pas au bureau, il est soit en train de prendre des photos soit en train de jouer au tennis de table à un niveau national. Récit.

Le tennis de table pour passion

«  J’avais six ans lorsque, regardant les Jeux olympiques, je suis tombé en admiration devant le tennis de table  », se souvient Denis Da Silva. Comme beaucoup d’enfants, il s’est essayé à de nombreux sports mais rien n’y fait, il se prend de passion pour cette discipline. «  J’ai eu la chance d’avoir des facilités dans ce sport qui m’ont fait progresser assez rapidement pour arriver à jouer au niveau national, aussi bien par équipe qu’en individuel. J’ai été titré à de nombreuses reprises, notamment en individuel comme champion de Côte-d’Or puis de Bourgogne, et j’ai été plusieurs fois qualifié en championnat de France.  » De manière assez naturelle, ses études s’orientent davantage sur le sport jusqu’à l’obtention d’un diplôme d’État lui ouvrant les portes de l’enseignement.

Une carrière professionnelle mêlant passion et travail qui l’occupera huit années durant  : «  Référencé auprès de la fédération nationale de tennis de table, j’étais employé par mon club en qualité d’entraîneur professionnel, à Longvic, mais j’enseignais aussi au pôle espoir Bourgogne au Creps de Dijon et j’ai été vacataire à la faculté de sports de Dijon au sein de l’université de Bourgogne en option tennis de table pendant deux ans. Sur le même principe, j’ai enseigné cette option au sein de la BSB, alors école supérieure de commerce de Dijon. Enfin, je travaillais pour les stages de préparation avec la ligue de Bourgogne où je m’occupais des juniors garçons pour les championnats de France par équipe.  »

«  Je suis un compétiteur dans l’âme. Même dans la photo, je m’aperçois que je me mets des défis…  »

S’il confie aujourd’hui que sa vie tourne autour du tennis de table, ce n’est pas peu dire, il y a même rencontré sa femme. Alors qu’il a arrêté d’enseigner le tennis de table lorsqu’on lui a proposé de devenir entraîneur de l’équipe de France handisport préférant retrouver une vie professionnelle et de famille «  plus normale  », Denis Da Silva pratique encore le tennis de table trois fois par semaine et joue toujours au niveau national dans l’équipe de Chevigny-Saint-Sauveur, la seule à ce niveau en Côte-d’Or. «  Je mange de la balle du lundi au dimanche  », s’amuse-t-il.

Dans l’œil du photographe

S’il s’est pris de passion pour la photographie en la pratiquant lors des nombreux voyages dans le cadre de son activité sportive, il a affiné sa technique après avoir sympathisé avec le photographe de son mariage  : «  Il m’a donné beaucoup de conseils et je suis arrivé très vite au bout de ce que je savais. J’avais envie d’apprendre plus et de comprendre surtout et aussi de progresser, je suis donc passé par des formations, toujours pour le plaisir.  » Un évènement lui servira de déclic, la crise sanitaire. «  Dès le premier confinement, les gymnases ont fermé... Je n’ai pas pu rester sans rien faire et il a fallu que je compense ce manque de sport  », détaille Denis Da Silva.

Il décide alors de reprendre l’appareil photo et de créer une page sur le réseau social Instagram. La galerie dijonnaise YellowKorner organisait son tout premier concours photo, sur le thème du rêve, et celui qui a choisi pour alias “Denis Photography” décide alors d’envoyer sa photo, depuis devenue célèbre, de l’ours Pompon sous la neige de dos faisant face à la place Darcy et donnant cette impression de mouvement. Cette dernière lui permettra de décrocher la deuxième place. «  C’est très rare que mes photos soient prises sur le vif, avoue-t-il. Souvent, je vais me rendre dans un lieu avec ou sans mon boîtier, je vais beaucoup regarder sans photographier et je vais y repenser plus tard en construisant la photo dans ma tête. Parfois, il m’arrive d’y retourner 10 à 20 fois tant que je n’ai pas réussi à prendre la photo que j’avais imaginée. Celle de l’ours Pompon par exemple, je l’avais imaginée quelques mois avant, dans l’été et je m’étais dit que j’irai dès qu’il neigerait. Je l’avais structurée comme tel. Et le jour où il a neigé j’y suis allé directement avant le couvre-feu de 18 heures. Un clic a suffi, elle est ressortie comme ça brute et sans recadrage, pile comme je l’imaginais  !  ».

Engagé pour sa ville

En noir et blanc ou en couleur, ses deux modèles préférés sont Dijon et la côte viticole, qu’il arpente à toutes saisons et en famille. «  Aujourd’hui, les gymnases ont rouvert, j’ai bien sûr repris le sport, mais je me suis aussi enregistré auprès de la Maison des artistes en tant qu’auteur photographe  », s’amuse-t-il. Un statut compatible avec ses autres activités et qui lui permet de vendre ses photos en tirage d’art, limité à 30 exemplaires, tous formats et supports confondus, numérotés et signés.

«  J’ai mon métier, j’ai le sport et la photo. Je scinde tout et je ne mélange aucune de ces trois activités  », insiste Denis Da Silva. En effet, lorsqu’il n’est pas derrière son objectif ou dans un gymnase, ce jeune papa travaille pour la ville de Dijon. «  J’ai intégré la fonction publique en 2008 lorsque j’ai quitté l’enseignement, au service de médiation sociale, explique-t-il. Je ne connaissais absolument rien au social mais j’ai été pris parce que ce service organisait des tournois sportifs pour les enfants des quartiers politique de la ville  ». Après sept années et suite à une restructuration entraînant la fermeture du service, il est devenu assistant de direction à la direction de la culture. Un poste qui lui permet de travailler tant sur le volet évènementiel que ressources tout en étant intégré dans le montage des projets. «  Je n’ai pas une journée pareille et c’est ça qui me plaît le plus  !  »

Antonin Tabard