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93e année

Emmanuelle Derossi

Conteuse d’histoires

Après quelques années de recherches et d’écriture, Emmanuelle Derossi a atteint son premier objectif, mettre un point final à son premier roman. L’Inconnue des archives est sorti mi-décembre aux Éditions Ex Aequo. JDP

C’est un véritable voyage à travers la Bourgogne que propose Roman, généalogiste dijonnais, en compagnie du directeur de collection du musée des Beaux-arts de la cité des Ducs. Une plongée au temps glorieux des Ducs de Bourgogne, au XIVe siècle, sur les traces de Philippa, une enlumineresse qui vient s’installer au palais ducal en 1395. Cette histoire, purement fictive, est sortie de l’imagination d’Emmanuelle Derossi et vient de paraître aux Éditions Ex Aequo sous le titre L’Inconnue des archives. Un premier roman qui concrétise un rêve pour cette dijonnaise passionnée d’histoire et de littérature.

Emmanuelle Derossi est née à Dijon, a grandi à Dijon, fait ses études à Dijon et travaille depuis l’obtention de ses études à Dijon. Difficile d’imaginer meilleur décor que la ville et la région qu’elle affectionne tant et qu’elle confiera même n’avoir que très peu eu l’occasion de quitter. Si son nom n’est pas inconnu dans les rédactions de la région, ce n’est pas - encore - pour ses talents d’auteur, même si cela ne saurait tarder, mais bien pour son activité de communicante. Aujourd’hui directrice de la communication et du marketing au sein de la société dijonnaise Eurogerm, Emmanuelle Derossi ne se prédestinait pourtant pas à un tel avenir. «  Je n’ai pas du tout une formation de communicante, confie-t-elle. J’ai fait un BTS assistante de direction et je n’avais pas forcément cet objectif en tête, même si c’était un des multiples sujets traités lors de ma formation qui m’intéressait particulièrement  ».

Toutefois, en rejoignant Eurogerm à sa création et en côtoyant son fondateur Jean-Philippe Girard - «  lui-même un grand communicant  », la jeune assistante de direction se retrouve rapidement à faire de la communication. «  Au départ, on se faisait accompagner par des agences de communication, mais au fur et à mesure où l’entreprise a grossi, s’est fait ressentir le besoin de créer un vrai service communication et naturellement, il m’en a proposé la direction  », se souvient-elle. Investie dans le monde associatif, Emmanuelle Derossi est en parallèle membre du Cerclecom depuis sa création, association de communicants pour laquelle elle a d’ailleurs pris part au conseil d’administration pendant quatre ans, mais aussi présidente de Fondalim, un fonds de dotation pour l’aide alimentaire en Bourgogne.

L’écriture, du rêve à la réalité

«  Je suis une grande lectrice, je lis différents sujets, des romans aux documentaires, et à un moment, j’ai senti qu’il y avait un écho particulier qui raisonnait en moi quand je voyais un premier roman sortir.  » Très attachée à sa Bourgogne natale et passionnée par la période du moyen-âge, elle a finalement tenté l’aventure de l’écriture. «  Ça a commencé au moment de la rénovation de la première partie du musée des Beaux-arts avec la nouvelle scénographie du moyen-âge, explique-t-elle. À ce moment-là, j’ai réellement pris conscience de la place qu’occupaient les Ducs de Bourgogne dans l’histoire de France et plus largement d’Europe  ». Quinze années, c’est le temps qu’il aura fallu à Emmanuelle Derossi pour passer du rêve à la réalité. «  Bien sûr, j’ai fait une grande pause à un moment donné ayant moins de disponibilité et souhaitant conserver du temps pour m’occuper de ma famille, rassure-t-elle. Mais j’avais envie de coller au plus près de la réalité pour, peut-être, donner envie aux lecteurs de redécouvrir cette partie de l’histoire de manière romancée et agréable à lire  ».

«  Il m’a fallu 15 ans entre la première idée et la sortie de mon premier roman. Si j’ai fait une grande pause, son écriture m’a demandé beaucoup de recherches.  »

C’est finalement en 2018 qu’Emmanuelle Derossi reprend, avec l’aide d’une coach, l’écriture de son roman. «  Elle m’a davantage par rapport à la gestion du projet. Et ça a structuré la démarche et ça m’a remis le pied à l’étrier, détaille la primo-romancière. J’ai pris mon temps pour l’écrire parce que j’ai ma vie professionnelle et des activités à côté. Donc j’écrivais à peu près une ou deux fois par semaine, sans me mettre la pression  ». Pour coller au plus près de la réalité, de nombreuses recherches et lectures ont été nécessaires. À la fin du projet, la Dijonnaise a même fait appelle au professeur Hervé Mouillebouche, spécialiste en histoire médiévale à Dijon.

Une suite possible dans d’autres époques

Après avoir réussi son challenge de mettre un point final à ce premier roman, est venu le moment de l’éditer. «  Au départ, je n’avais pas forcément envisagé de le faire éditer. Et puis quand même je me suis dit que ce serait dommage d’arriver à finir cette histoire et de ne pas au moins essayé d’aller au bout.  » Après de nombreux essais et peu de retour, la pandémie n’aidant rien, elle s’est finalement tournée vers une maison d’édition vosgienne. «  Cette maison donnait justement plus de chances à des primo-romanciers et je me suis rendue compte que la directrice de la collection historique habitait à Dijon  », raconte Emmanuelle Derossi, non sans une pointe d’amusement.

Ce projet mené à termes, la jeune auteure ne manque pas d’idée et de motivation pour de prochaines productions. «  Ce qui m’intéresserait est de poursuivre à travers le personnage actuel, qui possède un cabinet de généalogie. Ce serait le fil rouge qui permettrait de voyager à travers les époques.  » Si elle souhaite encore écrire sur le moyen-âge, elle ne cache pas son envie d’écrire sur le Dijon à l’époque d’Eiffel… «  Mais ça demande une documentation importante pour être dans le ton et rendre l’époque.  »

Antonin Tabard