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93e année

Loïc Papillon

Barbe à trophées.

Portrait de Loïc Papillon
Depuis le début, Loïc Papillon est suivi et soutenu par son barbier, Julien, responsable et fondateur du salon dijonnais Cinq huitième. (Crédit : JDP)

Le 27 août dernier, Loïc Papillon a été sacré champion d’Angleterre de barbe et moustache dans la catégorie barbe naturelle et moustache stylisée, à Rugby, petite ville du comté de Warwickshire située entre Birmingham et Leicester. De retour, c’est dans le salon dijonnais Cinq huitième, son barbier Julien et son dernier trophée à proximité, que celui qui se prépare déjà pour le championnat du monde a souhaité revenir sur son aventure et partager son histoire. Un choix qui n’a pas été laissé au hasard puisque c’est dans ce lieu que tout a commencé il y a plus de huit ans. « J’ai toujours aimé jouer à laisser pousser ma barbe depuis que ça a commencé à pousser. Au lycée, je m’amusais à me tondre de différentes façons. Et finalement, il y a quelque temps, alors que je portais une barbe d’un centimètre, j’ai voulu la laisser pousser pour voir un peu la tête que j’aurais avec une barbe de papa », se souvient-il.

Essai réussi et barbe approuvée par ses proches et sa femme, Loïc Papillon s’est lui-même très vite retrouvé dans ce nouveau style qui lui a permis de rencontrer Julien, barbier et fondateur de Cinq huitième. Ce père de trois enfants issus d’une famille recomposée a commencé à fréquenter le “barbershop” dijonnais de la rue Verrerie pour entretenir sa barbe. « Aujourd’hui, j’y vais toutes les six à huit semaines pour la mettre en forme, la coiffer et la tailler, quand ce n’est pas plus à l’approche de championnats… Je peux y aller toutes les deux semaines, voire même tous les jours la semaine qui précède la compétition pour fignoler ! », confie-t-il. Un rendez-vous incontournable qui va de pair avec une routine rigoureuse : « J’ai un vrai entretien quotidien à apporter ! Tous les matins, j’applique un shampoing et je fais un brushing, avant d’appliquer de l’huile et une première cire pour lui donner une forme et du baume et une autre cire pour hydrater le poil. Ensuite, tous les dimanches, j’applique un masque. Et enfin, tous les mois, je fais un traitement à l’huile chaude. »

Barbu tatoué

Dans la rue, difficile de ne pas reconnaître Loïc Papillon. Avec son look dandy, sa barbe et sa moustache parfaitement entretenues, son crâne rasé et ses multiples tatouages, ce directeur de magasin ne passe pas inaperçu. Originaire de l’Aisne, il a rencontré sa femme, une Alsacienne, à Troyes. « Pour le travail, nous avons été amenés à beaucoup déménager », explique celui qui n’est finalement dijonnais que depuis quelque dix ans. Un bac professionnel dans le commerce en poche, il a commencé en tant que vendeur avant de gravir les échelons. Ses 13 années chez Top Office le mèneront dans l’Aube, dans le Pas de Calais ou encore en Bretagne, avant de le porter en Côte-d’Or.

« Pour les championnats, j’aime bien trouver des sponsors locaux. Quand je vais en compétition, je représente la France, mais aussi et avant tout la Bourgogne ! »

« On vit au milieu des vignes et on a eu un véritable coup de cœur pour la région… c’est la première fois qu’on habite aussi longtemps quelque part ! », tient à souligner Loïc Papillon qui a depuis quitté Top Office pour prendre la responsabilité du magasin d’outillage et de quincaillerie Prolians. Et lorsqu’il n’est pas au travail, il exerce une autre passion, le tatouage : « Ça fait une dizaine d’année que j’ai la chance de suivre un tatoueur international, Jean-Pierre Mottin, pour qui je m’occupe de la logistique et je tiens son stand pendant les conventions, à Paris, Londres, Montreux, mais aussi à Besançon ou encore à Lyon. J’ai d’ailleurs passé, il y a deux ans, la formation pour obtenir l’habilitation de tatoueur, même si je ne pratique pas encore aujourd’hui. »

Des réseaux sociaux aux compétitions

C’est d’ailleurs lors d’une convention à Montreux, en Suisse, qu’il a eu l’occasion de réaliser son premier concours. « Sur les réseaux sociaux, des photographes m’avaient contacté pour me dire qu’ils aimaient bien mon style de barbu, ce qui n’était pas encore forcément à la mode à l’époque. À Montreux, on m’a proposé de participer à un concours de Mister barbe… j’ai trouvé l’idée amusante et j’ai finalement été qualifié pour la finale sur photo. » Par la suite, tout s’enchaînera très vite. Champion de Suisse en 2017, il propose à son barbier de l’aider à participer au championnat de France l’année suivante. « On a choisi la catégorie Garibaldi, une barbe qui ne fait pas plus de 20 centimètres avec une moustache travaillée. »

Arrivé en finale, il devient champion de France en 2018 et se fait rapidement repérer, notamment grâce à sa participation à des émissions comme Quotidien de Yann Barthès, pour faire de la publicité. « C’est là qu’on a commencé à me parler d’un championnat du monde qui devait avoir lieu l’année suivante en Belgique », raconte-il. Il se met alors en quête de sponsors pour pouvoir y participer, avec le soutien indéfectible de son barbier. « J’ai rencontré des gens fabuleux comme Fabrice Gillotte qui, quand je lui ai parlé de mon projet, a tout de suite adhéré à l’idée. » Ambassadeur de la marque Mini pour le groupe Savy et de la marque de cosmétiques pour homme italienne Proraso, Loïc Papillon prend finalement la route pour la ville belge d’Anvers et fini septième du championnat du monde 2019 dans la catégorie barbe naturelle et moustache stylisée.

À la recherche de sponsors

Puis la Covid-19 est passée par là, 2020 et 2021 ont été des années sans concours et finalement 2022 s’est soldée avec un titre de champion d’Angleterre, dans la même catégorie. « C’est une super aventure qui dure maintenant depuis des années, qui est très bon enfant. Et j’ai la chance d’être suivi par un vrai professionnel, Julien, avec qui nous sommes très complémentaires. » D’ailleurs, alors qu’il pensait s’arrêter là, ses proches l’ont persuadé de continuer et de retenter le championnat du monde qui aura lieu en 2023 en Allemagne. « Nous voilà repartis avec l’objectif cette fois d’atteindre le podium ! », s’amuse celui qui repart en quête de sponsors : « J’ai beaucoup de chance de pouvoir être ambassadeur de la marque Proraso qui me fournit, parce que sans ça, si je devais m’équiper moi-même, ça me coûterait une centaine d’euros par mois. Mais pour les championnats, j’aime bien trouver des sponsors locaux… parce que quand je vais en compétition, je représente la France, mais aussi et avant tout la Bourgogne ! »

Antonin Tabard