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92e année

Thierry Levaret

« Il y a toujours quelque chose à défendre dans un rôle »

Thierry Levaret comptabilise trente années de carrière au cinéma, à la télévision et au théâtre. JDP

De Promotion Canapé à Les Cadors, tourné cet été, Thierry Levaret célèbre presque ses trente années de carrière au cinéma, à la télévision et au théâtre. Des grosses productions de Berri aux films plus artisanaux de Kim Massée qui lui offrit un Premier rôle, en passant par les téléfilms, les séries ou encore le théâtre, il a incarné plus d’une cinquantaine de personnages. Figure des seconds rôles (comme le fut Jean Carmet avec qui il tourna dans Germinal ou Louis de Funès - qui, rappelons-le n’entama véritablement sa carrière populaire qu’à l’âge de 50 ans), c’est en Côte-d’Or que le comédien a choisi de s’installer depuis 2019 : « Quand on est comédien, on doit vivre à Paris. Pourtant j’ai pris ce risque ».

À 54 ans, Thierry Levaret en a eu marre d’un Paris « trop cher » et a donc décidé de se réfugier dans l’Auxois : « Je viens dans le coin depuis 30 ans passer des week-ends ». Puis, j’ai un ami, Bruno Vaillant, un ancien des effets spéciaux (notamment sur Ma saison préférée de André Téchiné, Ndlr) qui habitait ici, alors je suis venu m’installer, et je suis bien ».

Depardieu, Carmet et les autres...

De coutume, les artistes et le cinéma, c’est un peu le syndrome d’Obélix : « Tombé dedans quand il était petit ». Thierry Levaret, lui, intègre le cours Florent à 21 ans. Parmi ses professeurs : Jean-Pierre Garnier ou Isabelle Nanty. Son premier rôle, c’est dans Promotion Canapé, de Didier Kaminka, en 1990 qui l’obtient. Mais le plus marquant pour lui, c’est celui de Zacharie Maheu dans le Germinal de Claude Berri : « J’ai rencontré Claude Berri, je n’ai pas passé d’essais. C’était un tournage exceptionnel. C’est là que j’ai le plus appris avec Claude Berri qui était assez dur mais toujours juste. Ce tournage était une vraie claque ! ».

Lors de sa sortie en 1993, Germinal est le film le plus cher du cinéma français (Un an de tournage, 8.000 figurants, 165 millions de francs – soit 25 millions d’euros). Dans cette adaptation du roman de Zola restée un classique du cinéma notamment pour le rôle de Lantier interprété par le chanteur Renaud Sechan, Thierry Levaret joue le petit fils de Jean Carmet : « Un acteur adorable. Un vrai Monsieur » et fréquente donc les deux géants que son Depardieu et Renaud : « On parlait avec Depardieu mais jamais trop longtemps. C’était compliqué. C’était un homme toujours pressé mais un acteur impressionnant. Par contre, avec Renaud, on allait souvent manger à Lille. Ce mec est trop gentil. Dans la rue, c’était la folie. Il était en pleine gloire, mais toujours attentif et agréable ».

« Ce que je veux avant tout et ce que j’aime, c’est jouer ! »

Du tournage, Thierry Levaret garde le souvenir d’un rôle qui « en tenait » : « Il y a toujours quelque chose à défendre dans un rôle. J’ai toujours pris plaisir à jouer, tous les genres même si je n’ai pas toujours choisi, parce que c’est un métier difficile. Il m’arrive de refuser des choses quand vraiment je ne trouve pas d’intérêt au rôle mais d’une manière générale, on trouve toujours quelque chose à dire, un peu d’humanité dans tous les personnages. Dans un téléfilm avec Pierre Arditi tourné en juillet, je joue un patron de bar ».

En 2006, Kim Massée lui offre un Premier rôle dans Cowboys Angels, un roadmovie entre la France et l’Espagne entre un gars paumé et un gosse parti à la recherche de son père. Le film, réalisé en budget minimum (Thierry Levaret a même prêté sa propre voiture pour le tournage) va obtenir une dizaine de récompenses à travers le monde, de New York à Séoul en passant par l’Inde.

Un retour sur les planches ?

Aujourd’hui Thierry Levaret aimerait remonter sur les planches : « Je n’en n’ai pas fait tant que ça mais j’aime beaucoup. Mais c’est aussi un réseau que je ne connais pas encore dans la région ». À Sombernon, il est resté ébahi devant le théâtre de rue : « Quand je vois ces acteurs qui montent une pièce avec trois bouts de ficelle, à jouer dans la rue, je trouve ça formidable. Je ne sais pas si je saurais faire ».

Quant à savoir s’il se sent chez lui en Bourgogne : « On est à une heure de Paris par Montbard. Même si le milieu est très parisianiste, c’est un risque que j’ai envie de prendre. Ce que je veux avant tout et ce que j’aime, c’est travailler et jouer ».

Antoine Gavory