Collectivités

Osmose, un bâtiment à missions

Territoire. La collectivité investit 34 millions d’euros dans une première française : un « campus territorial » destiné à accueillir 400 agents de la fonction publique. Nom de baptême : Osmose, pour ce bâtiment de 7.300 mètres carrés à forte valeur ajoutée écologique dont la conception a été inspirée par les missions que doivent accomplir les agents.

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Photo du futur campus territorial du conseil départemental de la Côte-d'Or
Le futur campus territorial du conseil départemental de la Côte-d’Or. Conçu par le cabinet Architecturestudio et mené par le promoteur lyonnais Lazard développement, le projet Osmose entend répondre de manière concrète à des problématiques aussi diverses que la réglementation environnementale, l’attractivité des métiers de la fonction publique et les nouveaux modes de travail. (Crédit : Architecturestudio / Lazard développement)

C’est une première en France que ce futur « campus territorial » dont le chantier sera visible jusqu’en janvier 2026 : deux bâtiments en vagues douces, carrossés de douglas autour d’un jardin central, destinés à accueillir 400 agents parmi les 2.700 que compte le conseil départemental de la Côte-d’Or.

Inédit, ce chantier l’est aussi dans son approche puisqu’il a été imaginé en intégrant les nouvelles attentes en termes d’immobilier tertiaire, que ce soit du point de vue des travailleurs (télétravail, réunion à distance, travail collaboratif, qualité de vie au travail...) ou réglementaire (Décret tertiaire et normes environnementales) mais aussi comme un outil d’attractivité des métiers de la fonction publique.

« Nous avons recherché avec nos agents et pas sans eux comment affronter au mieux les défis devant lesquels nous sommes placés », martèle le président du conseil départemental François Sauvadet. « L’objectif architectural a été de créer un lieu accueillant et stimulant pour les collaborateurs, mais aussi vertueux, répondant aux enjeux environnementaux », explique Clémentine Oddon, directrice de programme du lyonnais Lazard développement qui a piloté le programme.

Osmose a été imaginé « comme un lieu qui rassemble, c’est l’esprit campus, un lieu modulable et évolutif », comportant « des espaces de convivialité à l’intérieur comme à l’extérieur, huit balcons et loggias par niveau, des terrasses au dernier niveau et un jardin central conçu comme un ilôt de fraîcheur. Ces espaces et ces services favoriseront l’échange, la transversalité et l’innovation ». « Concevoir un bâtiment au service de nos missions, c’est une première au plan national, confirme François Sauvadet. Faire coïncider l’exigence du service public avec la vie familiale, travailler sur les périphériques, la qualité de la vie et le plaisir au travail : si on veut attirer des jeunes, il faut rendre nos métiers attractifs ».

IA et maîtrise de la data

S’il n’est pas destiné à accueillir du public, Osmose sera au diapason des besoins de la population, notamment face aux bouleversements du digital, et intègrera une nouvelle direction du numérique, de la donnée et de l’IA, « une opportunité considérable », souligne François Sauvadet, qui réaffirme la nécessité pour la collectivité locale de rester maître d’une ressource clé pour l’avenir, la data, citant notamment le suivi en temps réel du réseau THD dont le conseil départemental est propriétaire ou la lutte contre l’illectronisme : « J’ai l’ambition que dans chaque chef-lieu de canton on trouve un centre numérique ».

D’un coût total de 34 millions d’euros, livré courant 2026 pour un emménagement des agents en fin d’année, Osmose va rebattre les cartes du parc immobilier du conseil départemental. Le site de Jean-Bouhey (à côté du Parc des expositions de Dijon) sera vendu, permettant d’amortir une partie du coût du vaisseau-amiral. Les autres sites seront conservés, Tissot sera même réaménagé dans l’esprit « campus » d’Osmose.