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93e année

Joachim Tavares

« Publics ou privés, les Ehpad doivent jouer la transparence »

Joachim Tavares, fondateur de PapyHappy. Anthony Prosper

Le Journal du Palais : Que vous inspire le scandale provoqué par cette enquête ?

Joachim Tavares, fondateur de PapyHappy : L’établissement d’Orpea à Neuilly-sur-Seine dont il est question est très mal noté sur le site et recueille de mauvais avis. Ce n’est donc pas une surprise. Il devait y avoir de nombreux dysfonctionnements mais il faut se garder de faire des amalgames sur ce groupe ou sur le secteur privé en général. Le manque de matériels et de moyens humains est un problème récurrent depuis de nombreuses années, dans les établissements privés comme dans les établissements publics. S’il y a eu des manquements, il faut qu’ils soient sanctionnés.

Le secteur privé est dans la tourmente. Est-ce justifié ?

Les groupes privés sont arrivés il y a 20 ans parce que rien n’a été fait dans les politiques publiques pour anticiper la pyramide des âges. La question du grand âge n’a pas été suffisamment prise en compte. Elle manque de moyens financiers et d’une revalorisation indispensable des métiers liés à la gérontologie. Des groupes comme Orpea ou Korian jouissent d’une image négative parce qu’ils sont cotés en Bourse et tirent des bénéfices, alors que le secteur privé est une nécessité aujourd’hui. Il ne faut pas oublier qu’un Ehpad est un lieu de vie adossé à de l’humain. Il existe de mauvais établissements, qu’ils soient publics, privés ou associatifs.

Quelle est la solution pour choisir un hébergement de qualité ?

Il faut anticiper cette question et se renseigner sur les solutions qui existent autour de vous. Un Ehpad n’est pas forcément un lieu pour les mourants. Il faut pousser les portes. En 2016, lorsque nous avons créé PapyHappy, nous avons voulu rendre beaucoup plus transparent ce secteur. L’avis client est l’une des solutions pour faire monter en qualité ce secteur. Il faut donc que le retour client soit beaucoup plus fort. Nous travaillons avec des établissements du secteur privé pour qu’ils jouent la carte de la transparence et qu’ils puissent s’améliorer, les établissements publics peinent malheureusement encore à le faire.

Cette affaire a-t-elle eu des conséquences sur votre activité ?

La fréquentation du site a été multipliée par deux en quelques jours et nous sommes en moyenne à 6.000 visiteurs par jour. Nous sommes sollicités par les médias nationaux comme France Inter ou Le Monde parce que nous sommes les seuls, depuis 2016, à proposer des solutions, des conseils et de l’accompagnement sur la question du vieillissement. En totale indépendance et transparence.

Stéphane Bourdier