Politique

« Les greffiers sont indispensables à notre justice »

Justice. Le ministre de la Justice Éric Dupont-Moretti était à Dijon vendredi 24 novembre à l’occasion de la prestation de serments des greffiers. L’occasion de revenir sur les moyens octroyés à l’institution judiciaire par la Loi d’orientation et de programmation de la justice qu’il a portée.

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Dans son discours devant les 347 greffiers venus prêter serment, le ministre de la Justice a insisté sur les moyens octroyés aux juridictions depuis le vote de la Loi d’orientation et de programmation du ministère de la Justice 2023-2027. (Crédit : JDP)

« N’oubliez jamais que pour un justiciable, l’affaire que vous aurez entre les mains est souvent l’affaire de sa vie ». Neuf jours après la fin de son procès devant la Cour de justice de la République - un an de prison avec sursis a été requis contre lui pour prise illégale d’intérêts - chaque mot prononcé par le ministre de la Justice Éric Dupont-Moretti semble chargé de double sens, alors qu’il prononce le discours de clôture après la prestation de serments des 347 greffiers de la promotion Jean-Moulin de l’École nationale des greffes de Dijon.

L’illustre résistant avait préalablement enflammé la verve du Procureur de Dijon Olivier Caracotch qui dans ses réquisitions - la prestation de serments est précédée d’une session du tribunal judiciaire - a rappelé aux greffiers que ce parrainage d’une figure tutélaire mort sous la torture sans céder au déshonneur d’avoir trahi ses compagnons de l’ombre « était un choix qui oblige plus que tout autre », enjoignant les greffiers s’apprêtant à prononcer le solennel « Je le jure » à exercer leurs fonctions en étant « performants, rigoureux et irréprochables ». « N’y voyez pas malice », confiait-il dans les couloirs après la cérémonie.

Très disponible pour les selfies, Éric Dupont-Moretti n’avait pas de temps en revanche pour les questions des journalistes, estimant « qu’il avait tout dit dans son discours ». « Tout », c’est-à-dire les nouveaux moyens accordés à l’institution judiciaire par la loi d’orientation et de programmation de la justice (LOPJ) qu’il a portée. Une loi rendue nécessaire par la grogne des robes noires, alors que dans son rapport de juillet 2022, le comité des États généraux évoquait « l’état de délabrement avancé dans lequel l’institution judiciaire se trouve » après des « décennies de politiques publiques défaillantes ».

10,8 milliards d’euros en 2027

Cette loi fixe la trajectoire pluriannuelle du budget de la justice d’ici à 2027. Celui-ci, d’un montant de 9,6 milliards d’euros en 2023, sera porté à 10,8 milliards d’euros d’ici à quatre ans, soit une hausse de 21% sur le quinquennat. Parmi les mesures, celles portant sur les greffiers qui sont, appuie le ministre, « indispensables à notre justice. Depuis 2021, ce sont 57 millions d’euros qui ont été consacrés à la revalorisation catégorielle des corps spécifiques de greffiers », parallèlement à « la création d’un corps de débouchés en catégorie A type pour les greffiers », une mesure promise par le Garde des Sceaux précisément à Dijon le 19 novembre 2021.

« Vous débutez votre carrière à un moment où la justice sort enfin de trente années d’abandon politique, budgétaire et humain ; à un moment où nous avons déjà recruté ces cinq dernières années plus de 700 magistrats, 850 greffiers, 2.000 contractuels », a souligné Éric Dupont-Moretti, qui précise enfin que la LOPJ prévoit « le recrutement d’au moins 1.500 magistrats, 1.800 greffiers, 1.100 attachés de justice, des postes nets ». De toute évidence, le ministre de la Justice Éric Dupont-Moretti était venu accompagné de son avocat homonyme...