Automobile

256 millions de voitures sur les routes d’Europe

Marché. L’Association des Constructeurs Européens d’Automobiles a dressé un panorama du paysage sur roues du Vieux continent. Un parc vieillissant et électrifié à seulement 2,3%.

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Volvo ex30
On comptait en 2024 à peine plus de 2% de voitures 100% électriques en Europe. (Crédits : DR)

Fin 2024, on dénombrait 256 millions de voitures particulières circulant sur les routes de l’Union européenne. Un chiffre porté à plus de 302 millions en y ajoutant celles des pays européens n’appartenant pas à l’Union dont plus de 38 millions pour le seul Royaume Uni. D’une année sur l’autre, les statistiques mettent en évidence une progression globale de 1,4%, seule la Slovaquie étant en recul de 2,6%.

Selon les pays, on constate des différences notables, pour l’essentiel liée à l’importance de leur population. Sans surprise, les trois marchés majeurs sont, dans l’ordre, l’Allemagne (49,3 millions voitures), l’Italie (40,9 millions) et la France (39,7 millions). Trois nations ayant une industrie automobile historiquement forte. Cependant, dans ces trois pays la progression est inférieure à la moyenne européenne. Autres acteurs majeurs de l’Union, l’Espagne (26,4 millions) et la Pologne (20,5 millions). Logique dans le premier cas, plus surprenant dans le second. Aucun autre État européen n’atteint les 10 millions de voitures. Seuls les Pays Bas (9,6 millions) et la Roumanie (8,4 millions) s’en rapprochent. Ensuite, on trouve un groupe dense disposant d’un parc roulant situé entre 5 et 6,5 millions de voitures : de l’Autriche au Portugal en passant par la Belgique, la République Tchèque, la Grèce, la Suède et la Suisse. À l’autre bout de l’échelle, les petits poucets sont un duo insulaire : Malte (330 000) et l’Islande (249 000).

Il faut y ajouter les utilitaires légers, un bataillon de 31 millions véhicules pour l’Union et près de 38 millions en incluant l’ensemble des autres pays européens. La France a la réputation d’être le pays des VUL. Réputation non usurpée puisque c’est dans notre pays qu’on en compte le plus en Europe : 6,5 millions. C’est 800 000 de plus qu’au Royaume Uni, deux millions de plus qu’en Italie, deux millions et demi si on compare à l’Espagne et trois millions par rapport à l’Allemagne. Côté poids lourds, on en dénombre un peu plus de 6 millions dans l’UE et un million supplémentaire pour l’Europe entière. L’Italie (988 000) et l’Allemagne (969 000) pointent largement en tête devant la Pologne (841 000). La France (621 000) apparaît au 4e rang. Des camions étrangers qui circulent souvent sur les routes de France, pays de transit... Enfin, les cars et bus comptent pour 850 000 au total. Si on fait les additions, l’ensemble du parc roulant européen frôle les 294 millions de véhicules dans l’UE, 348 millions pour l’ensemble de l’Europe dont près de 54 millions en Allemagne, avec derrière un trio qui se suit de près l’Italie et la France, environ 47 millions chacun, et le Royaume Uni (45 millions).

Seulement 2,3% de voitures électriques en Europe

Les statistiques de l’ACEA permettent également de connaître le poids des différentes énergies, en particulier des voitures particulières. Sans surprise, les moteurs thermiques restent largement majoritaires. À commencer par ceux roulant au sans plomb (49,2%), devant les diesel (38,4%). La part des 100% électriques reste anecdotique (2,3%) alors que les hybrides simples (5%) et rechargeables (1,4%) sont également très minoritaires. Poids lourds (96,3%), utilitaires (90,3%) et bus (88,7%) restent très largement acquis au gazole. L’avènement du tout électrique reste un objectif lointain, très lointain. Sera-t-il atteint en 2050, date théorique à laquelle la circulation de la totalité voitures thermiques sera définitivement interdite ? On est loin du compte pour le moment. Même en Norvège où les voitures mises sur le marché sont presque toutes 100% électriques, on en dénombre que 27%, soit nettement moins que les diesel.

Autre élément intéressant : l’âge moyen du parc roulant européen. Il ne cesse de vieillir pour atteindre 12,7 années au sein de l’UE. Rares sont les pays où il est inférieur à 10 ans. La palme de la jeunesse revient au Luxembourg avec 8,2 ans. À l’inverse, c’est dans les anciens pays d’Europe de l’Est qu’on trouve les voitures les plus âgées. Cas à part : la Grèce où roulent les véhicules les plus vieux de l’UE : 17,8 ans. Des valeurs directement liées à la prospérité économique des différents États de l’Union. La situation est relativement homogène pour ceux qu’on considère comme les « grands » pays automobiles par le volume de leur parc. L’Allemagne (10,6 ans) devance la France (11,5 ans) et l’Italie (13 ans). Un parc roulant plutôt âgé, vieillissant dans la plupart des pays de l’Union, motorisé à une écrasante majorité par des blocs thermiques utilisant le sans plomb et le gazole, très peu converti au tout électrique : ce tableau d’ensemble met en évidence le long chemin restant à parcourir pour parvenir au zéro émission à l’horizon 2050.