Audi Nuvolari : la supercar aux quatre anneaux
Supercar. Un V8 hybride de plus de 1000ch, une série limitée à seulement 499 unités et un prix de vente fixé à 500.000 € : Audi fait une entrée fracassante dans l’univers des stars du macadam.
« Vorsprung durch Technik » : le progrès par la technologie. Audi le serine à longueur de spots télé et de pages de pub dans la presse. C’est le mantra de la marque d’Ingolstadt répété ad libitum. Impossible d’y échapper !
Cette formule fétiche s’incarne désormais dans un coupé ultra performant, dévoilé juste avant l’été. Une supercar grise à la silhouette à la fois sobre et spectaculaire. Son nom : Nuvolari. Celui d’un immense champion de course de l’entre deux-guerres qui a piloté pour Auto-Union, l’ancêtre d’Audi, qui a repris le fameux logo aux quatre anneaux entrelacés, juste avant la Deuxième guerre mondiale. Tazio Nuvolari était considéré comme le meilleur pilote de l’histoire par Ferdinand Porsche ou Enzo Ferrari...
Élaborée dans le secret et en un temps record par une équipe réduite, la Nuvolari s’inspire du concept C, un projet « manifeste » exprimant le nouveau langage esthétique de la marque résumé d’une formule par Massimo Frascella, le patron du design d’Audi : « The radical next ». Autrement dit sans compromis. Comme le disait Bernard Blier alias Raoul Volfoni dans une réplique culte des Tontons Flingueurs : « C’est du brutal ! »
Luxueuse austérité
Brutale mais en même temps d’une sobriété quasi janséniste dans sa robe entièrement grise constituée d’aluminium et de fibre de carbone. Sa proue avec sa calandre rectangulaire de taille raisonnable – une nouveauté chez Audi – inspirera celle de l’ensemble des nouveautés (plus sages) à venir... Pas de lunette arrière mais des persiennes noires surplombant le V8 hybride en position centrale et une poupe grillagée abrupte. On peut résumer l’aménagement intérieur d’un seul mot : minimalisme. Presque austère. Un écran enchâssé dans une visière derrière le volant muni de palettes, un écran tablette incliné, posé sur la console centrale : c’est à peu près tout. Cet extrême dépouillement, encore accentué par les nuances de gris habillant l’habitacle, est compensé par des matériaux de haute qualité. « Rien n’est décoratif » confirme Massimo Frascella.
1000ch électrifiés
Le coeur de la Nuvolari est un V8 bi-turbo de 3995 cm3 développant 800ch à 9000tr/mn, couplé à une boîte de vitesse à double embrayage à 8 rapports. Un bloc venu de chez le cousin Lamborghini comme cela était déjà le cas pour les Audi R8. Il y a pire fournisseur. Mais pour faire bonne mesure et être dans l’ère du temps, on lui a adjoint un trio de moteurs électriques : deux implantés à l’avant et le dernier au-dessus de la boîte de vitesse avec en complément d’une batterie de 7,3kWH ; à l’heure des comptes, on obtient une puissance cumulée de 1001ch. Un chiffre encore magique, même pour une supercar.
Évidemment, la transmission Quattro est du voyage. La marque bavaroise ne pouvait se priver de ce qui constitue une de ses spécificités techniques depuis quatre décennies. Elle se révèle utile, sinon indispensable, pour faire passer de la façon optimum cette cavalerie sur la route. Les quatre modes de conduite auxquels s’ajoute une position « track » (piste) ne sont pas davantage superflus... Idem pour les disques Brembo en carbone de 420 mm à l’avant et de 410 mm à l’arrière, pincés à l’avant par des étriers 10 pistons. On ne rigole pas !
Jamais encore Audi ne s’était aventuré dans l’univers exclusif des supercars, un cénacle réduit à quelques noms prestigieux s’adressant à une poignée de collectionneurs exigeants à travers le monde. Audi a prévu de limiter la fabrication de la Nuvolari à seulement 499 unités et fixé son tarif de base à 500.000€. Les carnets de commande ouvriront bientôt pour les premières livraisons prévues dans moins d’un an. Avis aux amateurs disposant de solides moyens.