Le Porsche Cayenne en mode watture
Nouveauté. Le SUV de Stuttgart se réinvente en mode 100 % électrique. Un modèle inédit dont la puissance maximum peut dépasser brièvement le cap symbolique des 1 000 ch.
Rien ne va plus pour Porsche. Le champion de la rentabilité à deux chiffres, rare dans l’industrie automobile, déchante. Les milliards d’euros investis dans la transition énergétique pour passer au tout électrique n’ont pas encore produit d’effets positifs, la clientèle de se bousculant pas pour remplir les bons de commande des Macan et autres Taycan. Une situation partagée par d’autres marques premium germaniques, elles aussi en souffrance. Impossible cependant de changer de cap sans délai dans un secteur où les temps longs sont la règle...
Dans ce contexte troublé, l’arrivée du Cayenne Electric est attendue avec circonspection. Le best-seller Porsche qui a assuré l’essentiel de la prospérité de la marque depuis plus de deux décennies se convertit pour la première fois au 100 % électrique. Un Cayenne inédit, il faut le préciser. Il ne s’agit pas d’une variante des versions thermiques et hybrides mais un modèle totalement différent, élaboré sur la base technologique du Macan.
Pour marquer les esprits, un seul chiffre : 1 156 ch. Une valeur rarissime dans la production automobile mondiale, même dans la catégorie des supercars. Certes, cette puissance maximum est disponible brièvement lorsque le mode de démarrage « launch control » est enclenché. Quelques fractions de secondes d’éternité, matérialisée par un chrono de 2,2 secondes pour passer de l’arrêt à 100 km/h. En temps ordinaire – façon de parler – le Cayenne Turbo affiche seulement 857 ch avec un bonus temporaire de 176 ch pendant 10 secondes en poussant de l’index le bouton du « push to pass ». Des valeurs inouïes qui expriment le savoir-faire de Porsche à défaut d’être utilisables au quotidien. Dans la vie de tous les jours, les 408 ch (+43 ch avec le launch control) du Cayenne Electric de « base » suffiront largement à assurer l’essentiel. Avec, dans les deux cas, une traction intégrale pour passer la puissance à la route de façon optimum à l’aide du Porsche Traction Management gérant au mieux la puissance.
Jusqu’à 642 km d’autonomie
Et comme chez Porsche, on ne fait pas les choses à moitié, les suspensions pneumatiques adaptatives sont de série sur les deux versions. Le Cayenne Electric Turbo (qui n’a évidemment aucun turbo sous le capot) y ajoute un différentiel arrière à glissement limité maison. Il est possible de leur adjoindre des roues arrière directrices pour améliorer la maniabilité d’un SUV de près de cinq mètres de long accusant sur la bascule un poids conséquent sur lequel le constructeur reste d’une discrétion de sioux. Pour l’agrément de conduite, le constructeur met en évidence la possibilité d’utiliser exclusivement le frein moteur des blocs électriques dans 97% des situations. En terme d’autonomie et de recharge, le Cayenne Electric se distingue grâce à sa batterie haute tension de 113 kWh à gestion thermique optimisée. Le Cayenne Electric peut parcourir jusqu’à 642 km sans passer par la case recharge et le surpuissant Turbo jusqu’à 623 km. La technologie 800 volts, encore rare sur le marché, autorise une puissance de recharge jusqu’à 390 kW assurant de passer de 10 à 80% de marge en seulement 16 minutes. Pour récupérer plus de 300 km, il suffit de 10 minutes. Le constructeur souligne que cette haute performance de recharge a été un des axes prioritaires lors du développement de son nouveau SUV.
Aucun risque de confondre le Cayenne Electric et les modèles thermiques dont il a emprunté le nom tant il s’en distingue par le style et les mensurations, légèrement plus imposantes, avec notamment un empattement majoré de 13 cm, assurant un espace généreux pour les passagers arrière. On peut imaginer que Porsche a choisi de conserver le même patronyme pour capitaliser sur la réputation planétaire du SUV qui a assuré longtemps sa prospérité économique.
Pour répondre aux exigences de sa clientèle, Porsche met en avant un choix de 13 couleurs de carrosserie, 9 types de jantes de 20 à 22 pouces, 12 combinaisons d’intérieur agrémentées de cinq packs. Si cela ne suffit pas, on peut se tourner vers les différents programmes de personnalisation, quasiment du sur-mesure.
À partir de 107 600 € (167 200 € la version Turbo)