Marché auto : rien ne va plus
Marché. La chute des ventes de voitures neuves s’est poursuivie en France en 2025 avec un recul de 5%. En l’espace de six ans, les immatriculations ont baissé de 26%. Un abîme.
Les années se suivent et se ressemblent pour le marché automobile français. 2025 n’a pas permis d’endiguer la tendance à la baisse constatée, exercice après exercice, depuis 2019. Cette descente sans fin sur fonds d’incertitudes multiples plonge un secteur industriel et commercial majeur dans une crise dont on peine à entrevoir le terme. L’an dernier, seulement 1 632 154 voitures particulières neuves ont été immatriculées. Un recul de 86 000 ventes par rapport à 2024. Il s’en est fallu de peu que le seuil symbolique des 1,6 million ne soit enfoncé. Rappel : en 2019, 2 214 279 voitures particulières avaient trouvé preneur. Un Eldorado qui n’est plus qu’un lointain souvenir. Depuis, les statistiques sont systématiquement orientées à la baisse. En six ans, plus d’un quart du marché s’est évaporé...
Sans le soutien provisoire du leasing social destiné à favoriser l’accès à la mobilité électrique aux ménages modestes qui a dopé artificiellement les chiffres en ajoutant près de 50 000 véhicules, la situation serait encore pire. Mais signe inquiétant, l’enveloppe disponible de 350 millions d’euros n’avait pas été entièrement consommée à quelques jours de la fin d’année dernière. Même avec des aides, les clients ne se précipitent pas comme en 2024 où la ruée avait pris de court l’état et les distributeurs.
En 2025, les 100% électriques ont poursuivi leur montée en puissance en progressant en part de marché mais en stagnant en volume. Un paradoxe de plus. En progression de 12% au cours des douze derniers mois, elles représentent désormais 20% des immatriculations et ont franchi pour la toute première fois le cap des 300 000 unités (327 234). 30% des clients particuliers et 27 % des flottes ont fait le choix de la watture l’an passé. Une marche en avant appréciable, mais éloignée des objectifs fixés avec un optimisme démesuré. Avec une offre de plus en plus abondante dans tous les segments, les clients n’ont jamais eu autant de choix, ce qui aurait dû entrainer une plus forte demande. Mais le prix de vente moyen d’un véhicule à batterie, proche de 43 000 €, constitue un frein important pour une majorité d’acheteurs potentiels.
Le diesel sous les 5%
Désormais, ce sont les motorisations hybrides qui concentrent l’essentiel des immatriculations sur le marché national. Elles dépassent 50% du total (823 625), un gain de plus de 8% d’une année à l’autre, matérialisé par 126.000 voitures. Essentiellement des hybrides classiques, désormais proposées dans les gammes de la plupart des constructeurs, notamment français, alors que les versions rechargeables sont à la peine et ne représentent plus que 6,5% de part de marché, perdant 36 000 ventes en douze mois. Si la chute se poursuit, elles pourraient passer sous les 100.000 immatriculations.
2025 a confirmé et amplifié la forte régression des ventes de moteurs thermiques, essence ou diesel. Au total, elles totalisent à peine 26% de part de marché. Les modèles au sans plomb se maintiennent sur le seuil des 21% contre près de 30% un an plus tôt mais enregistrent une baisse sans précédent de plus de 160 000 immatriculations. Que dire du diesel ? L’avis de décès est proche. Moins de 5% et moins de 80 000 voitures. On est loin des années fastes où les acheteurs se précipitaient au-delà de toute logique sur tout ce qui roulait au gazole. Cette fin programmée tient pour une bonne part à l’absence d’offre de petits diesel dans les catalogues de la quasi totalité des marques. Restent les grandes routières où le diesel n’a pas perdu de sa pertinence.
Le GPL continue de faire de la figuration intelligente et conserve ses 3,4% de part de marché avec un peu plus de 55 000 ventes. Il s’agit pour l’essentiel de Dacia, la marque roumaine du groupe Renault étant la seule à proposer une bicarburation d’usine sur la quasi totalité de sa gamme. Un choix judicieux permettant à la fois des économies à l’usage et une autonomie record. Cette mutation énergétique a un point positif bienvenu : la baisse des émissions de CO2. En l’espace de douze mois, elles ont baissé de 10g en moyenne pour passer sous les 82g/km.
2026 marquera-t-il la fin de cette descente aux enfers du marché français ? Peu d’observateurs prennent le risque de parier sur un rebond, même si les effets du leasing social se poursuivront en ce début d’année. Tout au plus espère-t-on une stabilisation autour des résultats 2025. A défaut de redonner le sourire aux distributeurs, ce statu quo serait considéré comme un moindre mal. On en est là...