Automobile

Renault mise sur le GPL

Marché. Renault et Dacia sont les seuls constructeurs à proposer sur le marché français une vraie gamme de voitures équipées de moteurs fonctionnant au sans plomb et au GPL.

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Clio et Symbioz
La nouvelle Clio et les SUV Captur et Symbioz peuvent recevoir le nouveau blog ECO-G120 à bicarburation. (Crédits : DR)

On ne peut pas dire que le GPL (gaz pétrole liquide) remporte un franc succès sur le marché français. 57 681 immatriculations en 2024, 55 499 l’an dernier et 29 170 au premier semestre 2026. D’un exercice à l’autre, sa part de marché reste stable : 3,4%. Il est vrai que jusqu’il y a peu de temps, seule Dacia proposait une alternative GPL sur l’ensemble de sa gamme. De façon beaucoup plus timide, Renault l’a également mis à son catalogue. Compte-tenu d’une offre aussi réduite, rien d’étonnant à ce que les chiffres de ventes ne décollent pas...

Et pourtant, à l’heure des comptes, le GPL ne manque pas d’atouts sonnants et trébuchants. Surtout sur fond de guerre au Moyen Orient embrasant les prix à la pompe. Quand le litre de sans plomb explose le plafond des deux euros, le GPL campe sur le seuil d’un euro et fait office de valeur refuge. Certes, la consommation en mode GPL est supérieure de 20 à 25% environ par rapport au sans plomb mais la différence de prix du litre compense largement ce surcoût.

Autres avantages du GPL : une autonomie d’exception grâce aux deux réservoirs qui se complètent et assurent aisément plus de 1200 km entre deux passages à la station-service. Sans oublier les émissions de CO2 réduites. Un exemple, sur le bloc Eco-G 120 Renault équipant la nouvelle Clio, on passe de 122 à 106g/km. Une différence de l’ordre de 9%. Le point le plus négatif est lié au nombre de points de ravitaillement en GPL. En France, on compte 1 600 pompes, soit une tous les 40 à 50 km environ. Si cela apparaît suffisant par rapport aux 300 000 voitures en circulation, leur répartition est inégale à l’échelon du territoire et peut entraîner des difficultés à faire le plein dans certaines zones. Sans risque de tomber en rade cependant puisque le réservoir d’essence assure le relais automatiquement, de façon transparente pour le conducteur. Ce n’est pas le moindre des avantages de la bicarburation. Il est également possible d’opter manuellement pour l’un ou l’autre carburant au moyen d’une commande sur le tableau de bord.

La volonté du premier constructeur automobile français de se doter d’une vraie gamme GPL constituée d’un trio de best-sellers, les Clio, Captur et Symbioz, équipés d’un nouveau bloc plus performant, plus agréable à l’usage et plus économique, proposant une alternative crédible économiquement aux versions thermiques classiques et hybrides, devrait permettre aux ventes de décoller.

Jusqu’à 1 500 km d’autonomie

Les trois Renault partagent le même moteur. Il s’agit d’une nouvelle génération du trois cylindres 1,2 l à injection directe d’une puissance de 120 ch, assortie d’un couple de 200 Nm. Un supplément de 20 ch et de 30 Nm de couple par rapport à l’ancien bloc Eco-G. Ce n’est pas négligeable et situe la Clio à un niveau comparable à celui de la version essence de 115 ch. Sur la toute nouvelle génération Clio, commercialisée au printemps, le nouveau Eco-G est accouplé à la transmission automatique EDC Renault à double embrayage. Un supplément d’agrément en usage quotidien, en particulier dans la circulation urbaine. Le Symbioz dispose d’une boîte manuelle classique à six rapports.

Dans la perspective d’offrir la plus grande autonomie possible, Renault a augmenté de plus de 50 % la contenance du réservoir de GPL en la passant de 32 l à 50 l. Avec les 39 l du réservoir d’essence, on dispose de près de 90 l de carburant sur la Clio. Sur le SUV Symbioz, on atteint 98 l de contenance au total. Avec à la clé des niveaux d’autonomie record. Sur la base des normes de consommation conventionnelles, le constructeur met en avant jusqu’à 1 500 km sans passer à la pompe pour les Symbioz et Captur et 1 450 km pour la Clio. En usage réel, on peut tabler sur plus de 1 200 km entre deux ravitaillements. C’est exceptionnel et compense le nombre plutôt faible de stations proposant du GPL. L’implantation d’un deuxième réservoir restreint le volume du coffre. C’est moins perceptible sur le duo de SUV que sur la Clio dont la capacité se réduit à 260 l. Pour trouver leur place sur le marché et convaincre les clients, les versions GPL sont disponibles à des tarifs comparables à ceux des motorisations thermiques classiques chez Renault ou dans la concurrence. C’est le cas en particulier avec la nouvelle Clio. Ceux qui estiment la barre trop haute peuvent se rabattre sur la Dacia Sandero Eco-G 120 qui dispose du même moteur.