Renault tire son épingle du jeu
Marché. Bilan 2025 favorable pour la marque au Losange. Elle progresse sur un marché globalement négatif et termine en tête des immatriculations avec une Clio toujours n°1 des ventes.
Gagner 3% sur un marché automobile français en recul de 5% constitue une performance. Presque un exploit ! Renault l’a réussi au terme d’un exercice 2025 difficile pour la majorité des acteurs, voire même catastrophique pour certains. Avec 285 531 voitures particulières immatriculées l’an passé, Renault a conforté son leadership et relégué Peugeot, son éternel rival national, loin derrière. Un concurrent à la peine, en recul de 5% (221 001 unités). La différence est significative et dépasse 64 000 voitures. Autant dire qu’elle sera difficile à combler à court terme. Les constructeurs, Peugeot en particulier, privilégient désormais la rentabilité au volume, il n’en reste pas moins que le fossé est profond. D’autant que le profit peut se combiner avec les chiffres de ventes...
Les résultats de Renault reposent en particulier sur une gamme jeune qui compte dans ses rangs de nombreux modèles à succès. Particulièrement du côté des 100% électriques avec une incontestable star : la R5 E-Tech, numéro 1 de sa catégorie avec près de 38 000 (+ 281%) immatriculations. C’est à quelques unités près le double de sa suivante immédiate, la Tesla ModelY. La citadine rétro-futuriste, selon la dénomination de la marque, est même la deuxième Renault du classement des voitures les plus vendues sur le marché national avec un septième rang exceptionnel.
Le début de carrière prometteur de la R4 E-Tech renforcera encore le leadership national de Renault dans une catégorie où le Scénic E-Tech (16 128) en progression de 80% joue lui aussi les premiers rôles. Paradoxalement, si la voiture la plus vendue l’an passé en France est une Renault, c’est le plus ancien modèle du catalogue qui pointe le bout de sa calandre en tête : la Clio. C’était déjà le cas en 2024. Ce best-seller absolu sur lequel le temps semble ne pas avoir de prise termine en beauté sa prolifique carrière en gagnant 9% d’un exercice à l’autre pour dépasser les 100 000 unités. Sa concurrente directe, la 208 Peugeot, elle aussi en fin de vie commerciale, est reléguée très loin derrière (73 092). Un écart de 27% marqué par un recul de 18%. Encore plus significatif si on considère que les chiffres de la petite berline Peugeot incluent ceux des E-208 (14 290). La nouvelle Clio qui vient d’arriver chez les distributeurs de la marque a devant elle un gros challenge à relever. D’autant plus qu’en fin d’année, elle trouvera sur sa route la nouvelle 208...
La C3 remet Citroën dans le jeu
Citroën a relevé la tête l’an passé. Il était temps. La descente aux enfers est désormais un souvenir avec une progression notable (+3,6%) pour 115 576 immatriculations. Ce retour doit beaucoup à la nouvelle C3 et à sa version ë-C3 qui ont trouvé 57 350 clients avec à la clé un bond en avant spectaculaire de 218 %, assorti d’une place au pied du podium des meilleures ventes toutes énergies confondues et la 3e place des 100% électriques (16 223). La nouvelle C5 Aircross (26 750) a elle aussi contribué au retour de Citroën. La réussite commerciale de Renault repose par ailleurs sur sa domination sur le marché des flottes, en souffrance en 2025 en raison de l’instabilité fiscale et réglementaire, triste spécialité française, incitant les entreprises à différer leurs décisions de renouveler leur parc automobile. Pour les seules voitures particulières, la chute dépasse les 10% avec 450 292 immatriculations. Dans ce contexte, Renault est parvenu à faire mieux que l’année précédente avec une progression de 4% (95 526). Derrière ces chiffres positifs, on retrouve cette bonne vieille Clio qui a assuré à elle seule plus du tiers des ventes de la marque sur le marché BtoB. Avec en complément le Scénic E-Tech, seul modèle 100% électrique à figurer à dans le top 10 des ventes aux flottes avec une 8e place (9760). En attendant les R5 et R4 E-Tech...
Peugeot occupe toujours une position solide sur ce canal majeur et conforte sa deuxième place avec plus de 80 000 immatriculations (-7,7%) et un tir groupé dans le top 5 : la 208 (20 904) occupe le seconde marche du podium devant la 3008 (16 681), la 2008 (15 804) et la 308 (14 464). Pour Citroën, en recul de 18,4% avec 25 337 véhicules, il reste du chemin à parcourir pour retrouver les premiers rangs. Enfin dans le segment des utilitaires légers, en baisse lui aussi (-5,8%) avec seulement 273 403 VUL, Renault conserve la tête avec 75 889 utilitaires mais recule significativement (13,4%). Peugeot limite ses pertes (-2,3%) mais reste loin derrière avec 54 916 VUL. Citroën complète le trio d’un marché ultra dominé par les marques françaises avec 35 072 mises à la route (-13,2%).