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93e année

Le crémant est sorti de sa bulle

Vin. Avec des ventes records en 2021, le crémant de Bourgogne confirme son attrait auprès des consommateurs en France et dans le monde.

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Inventés en 1819 à Nuits-Saint-Georges par la famille Lausseure et rendus célèbres par un vers de Musset en 1830 - « Tandis qu’à ses côtés, sous le vase d’albâtre, où dort dans ses glaçons le Bourgogne mousseux » - les crémants de Bourgogne (dont l’Appellation d’Origine Contrôlée date de 1975) n’ont certes pas la renommée des vins tranquilles qui ont fait la renommée de la Bourgogne viticole dans le monde entier mais ils ont franchit un cap symbolique en 2021 : la barre des 20 millions de bouteilles vendues (près de 22 millions en réalité), soit + 13,2% en un an. Une bonne nouvelle qui fait suite à une année 2021 pourtant marquée par les épisodes de gels (110 709 hectolitres produits l’année dernière contre 194 446 hectolitres en 2020 dont l’impact sur les ventes se fera sentir en 2023) et une année 2020 en recul de 10% sur le plan des ventes, crise sanitaire et difficultés des exportations obligent.

Un nouveau cahier des charges pour l’appellation Crémant de Bourgogne

Autre bonne nouvelle, la reprise des exportations (qui représentent près de 50% des ventes en 2021) et la mise en place d’un nouveau cahier des charges de l’appellation Crémant de Bourgogne, validé par l’INAO (Institut national des appellations d’origine), entré en application fin 2021 et dont l’objectif est de fidéliser les producteurs. Avec 11% de la production de vin en Bourgogne, 84 appellations AOC et des ventes passées de 4 millions en 1975 à près de 22 en 2021, les crémants de Bourgogne sont depuis longtemps sortis des vins de seconde catégorie.

Même si les ventes restent dix fois inférieures à leur voisin Rémois et ses champagnes, la progression des exportations notamment vers les Etats-Unis, la Belgique, l’Italie, le Royaume-Uni et la Scandinavie démontrent un nouvel essor qui se trouve également confirmé par les consommateurs français. Et pour dynamiser cet essor, la Fédération nationale des producteurs et élaborateurs de crémant (FNPEC) qui regroupe les crémants de Loire, de Bourgogne et Alsaciens réfléchit à une communication commune à l’export pour valoriser la « bulle française » et atteindre l’objectif de 100 millions de cols vendus.

Antoine Gavory