Nuits-Saint-Georges, « l’autre » vente des vins
Côte-d’Or. Le 8 mars prochain, la 65ᵉ vente des vins de Nuits-Saint-Georges se déroulera au Clos Vougeot et profitera aussi bien aux Hospices civils de Beaune qu’à l’association Ani’Nomade.
Avec 80 pièces, la 65e vente des vins de Nuits-Saint-Georges au profit des Hospices civils de Beaune dépassera les 35 pièces vendues en 2025 même si le niveau restera inférieur aux 160 pièces du millésime historique de 2023. À noter que les Hospices ont reçu de nouvelles parcelles en legs, représentant 81 ares sur trois climats et portant le domaine à 13,3 hectares.
Du côté des prix, Cyril Jomand, commissaire-priseur, tempère les choses après l’augmentation de 41 % du produit des ventes. « On constate quelques facteurs influenceurs des prix. Après la croissance jusqu’en 2022, on assiste à des effets de prix plus négatifs, mais qui touchent moins la Bourgogne. En 2025, tous les vins ont enregistré une baisse de 5 %, un certain ralentissement se fait sentir. Nous revenons à un marché assagi ou assaini. » Alors que la Bourgogne se montre « raisonnable », il a toutefois précisé que la production, bien qu’encore faible, dépasse celle de 2025. Le fait que cette cuvée est la dernière vente du régisseur Jean-Marc Moron, remplacé par Laurence Danel puisse avoir un impact. « C’est un millésime en 5, souvent de grands millésimes. Celui-ci ne devrait pas déroger à la règle avec des Pinots tournés vers le fruit rouge, des vins structurés et équilibrés, avec un beau potentiel de garde », a souligné le régisseur. Des acheteurs américains, asiatiques mais aussi européens se sont déjà inscrits à la prochaine vente.
Un produit attendu
Deux acteurs se montrent particulièrement attentifs aux prévisions de prix de l’expert, à commencer par Guillaume Koch, directeur des hospices civils de Beaune. L’établissement a engagé 86 M€ d’investissement en peu de temps. Après avoir équipé le site beaunois d’un robot chirurgical, un nouveau bâtiment d’une capacité de 240 lits devrait y voir le jour pour répondre à la vétusté de l’existant qui sera, à terme, démoli. « Nous avons aussi un projet de reconstruction de l’hôpital à Seurre à hauteur de 27 M€. Nous travaillons à trouver les financements. » À Nuits-Saint-Georges, les hospices ont vendu le site historique qui sera réhabilité et transformé en logement, tandis que la chapelle et l’apothicairerie seront conservées. « Mais l’hôpital restera sur la nouvelle étiquette, plus moderne. » Claire Mongeot, directrice de l’association Ani’Nomade, sera quant à elle bénéficiaire du produit de la vente de la pièce de charité, vendue par souscription à 150 € la bouteille. « C’est une pièce unique issue de neuf terroirs de premier cru, une pièce avec l’assemblage d’une même quantité de raisin par parcelle. C’est toujours une cuvée avec du potentiel, un vrai Nuits-Saint-Georges premier cru qui ressemble à tout et à rien », a souri Jean-Marc Moron.