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93e année

Quand l’énergie tombe dans le panneau

Energie. À Hurigny (71), un viticulteur parvient à l’autonomie grâce à l’énergie solaire, un outil efficace pour la réduction des énergies.

Un viticulteur autonome grâce à l'énergie solaire
L’exploitation de Laurent Gobet à Hurigny (71).

Si les bienfaits du soleil sur le raisin des vignes n’est plus à prouver - en dehors d’un degré d’alcool plus élevé, il apporte aussi des saveurs confites -, pour Laurent Gobet, viticulteur à Hurigny (Saône-et-Loire), le soleil est aussi un bon moyen de faire des économies et de s’inscrire dans une démarche vertueuse : le photovoltaïque. Propriétaire de 80 hectares de vignes rachetées en 1992 à son oncle Bernard Cordenod, Laurent Gobet, 51 ans, décide en 2020 de construire un hangar de 900 mètres carrés destiné à assurer sa propre vinification et de s’équiper de panneaux photovoltaïques, ce qui lui permet d’obtenir le label Haute valeur environnementale notamment grâce à la récupération d’eau de pluie.

220 panneaux photovoltaïques pour être autonome

Face à l’inflation du coût de l’énergie - qui s’annonce encore plus important dans les mois à venir du fait de la guerre en Ukraine - l’exploitation est aujourd’hui autonome grâce aux 220 panneaux photovoltaïques qui fournissent l’intégralité de l’énergie nécessaire. Un investissement de 70.000 euros loin d’être anodin dans le milieu viticole puisque de plus en plus d’exploitants - notamment dans le sud de la France - ont recours à cette source d’énergie. Plus encore, les panneaux photovoltaïques pourraient aussi constituer un outil de lutte contre le réchauffement climatique puisque certains, dans les régions les plus chaudes envisagent d’installer des panneaux au-dessus des vignes…

Et la méthode est prise au sérieux puisque Brite Hellas, société grecque mène actuellement le projet européen PanePowerSW consistant à rendre transparents les panneaux afin qu’ils puissent être utilisés pour la photosynthèses ou même équiper les serres avec deux avantages : produire de l’énergie tout en faisant pousser les tomates ! La première ferme pilote de 1.200 mètres carrés à Thessalonique a donné des résultats encourageants : une réduction de 80 % les coûts liés à l’énergie grâce à la revente de l’électricité.

Antoine Gavory