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13 M€ pour bâtir un bouclier social sur mesure en BFC

BFC. Malgré un taux de pauvreté globalement inférieur à la moyenne nationale, la région Bourgogne Franche-Comté fait face à des fragilités ciblées et à l’impact des difficultés économiques sur le pouvoir d’achat des habitants.

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Malgré un taux de pauvreté globalement inférieur à la moyenne nationale, la région Bourgogne Franche-Comté fait face à des fragilités ciblées et à l’impact des difficultés économiques sur le pouvoir d’achat des habitants. Pour y répondre, l’État déploie le Pacte des solidarités (2024-2027), une stratégie territoriale forte de plus de 150 actions de proximité.

Si la Bourgogne Franche-Comté se classe au 3ᵉ rang des régions métropolitaines les moins pauvres avec un taux de pauvreté de 14,2 % (contre 15,9 % à l’échelle nationale), les difficultés financières du quotidien pèsent lourdement sur de nombreux foyers, notamment en raison du coût de l’énergie et du carburant. Au total, 357.000 personnes vivent sous le seuil de pauvreté dans la région, auxquelles s’ajoutent 207.000 habitants situés dans le « halo de pauvreté » (soit 7,8 % de la population régionale).

Cette vulnérabilité touche en premier lieu les familles monoparentales (27 %), les jeunes de 16 à 25 ans en difficulté de lecture (11,2 %), les étudiants, les personnes âgées et les travailleurs pauvres. La région fait également face à un défi numérique fort, avec 19 % de la population en situation d’illectronisme (contre 16 % au niveau national). Les inégalités sont fortement localisées : 44 % des publics fragiles sont concentrés dans 62 quartiers prioritaires de la ville (QPV) et 25 unités urbaines, tandis que certaines zones rurales affichent un taux de pauvreté supérieur à 15 %.

Agir au plus près du terrain

Sous l’impulsion de Violaine Démaret, préfète de la région Bourgogne Franche-Comté et de la Côte-d’Or, l’État investit une enveloppe de 13 M€ en étroite coopération avec les huit conseils départementaux, la métropole de Dijon, les associations et les acteurs économiques. Le plan s’organise autour de quatre axes prioritaires :

  • Lutter contre la pauvreté dès l’enfance : accompagner les familles isolées avec enfants de moins de 3 ans, soutenir la parentalité, repérer la souffrance psychologique des jeunes et prévenir les violences intrafamiliales. Les premiers impacts sont concrets : 1.644 jeunes et 216 parents ont été accueillis à la Maison des adolescents en Côte-d’Or, et 937 enfants ont été sensibilisés au décrochage scolaire dans la Nièvre.
  • Garantir un accès complet aux droits fondamentaux : combattre le non-recours aux prestations — alors que 34 % des foyers éligibles ne perçoivent pas le RSA — via des guichets de proximité comme « Territoires zéro non-recours » et « Campus zéro non-recours ». Le bilan affiche déjà 7.000 passages dans les centres polyvalents de santé de Dijon et Beaune, ainsi que 1.481 rendez-vous d’accès aux droits dans le Territoire de Belfort.
  • Faciliter l’accès à l’emploi : déployer le réseau pour l’emploi (France Travail, missions locales, Cap emploi) au niveau infra-départemental pour un accompagnement sur mesure. Les actions portent sur la remise à niveau des savoirs de base, l’éducation financière, la création de micro-crèches et le développement de la mobilité solidaire (garages solidaires, location à tarif social, covoiturage).
  • Bâtir une transition écologique et solidaire : proposer des diagnostics énergétiques et une sensibilisation aux éco-gestes pour les ménages modestes, tout en favorisant une alimentation saine grâce à des ateliers cuisine, des épiceries itinérantes et la mise en lien avec les producteurs locaux.

Des financements d’accompagnement majeurs

En complément direct du Pacte des solidarités, l’État mobilise des enveloppes ciblées pour répondre aux besoins urgents sur le territoire : 70,1 M€ consacrés à l’hébergement des publics vulnérables, 18 M€ dédiés aux repas à 1 € servis dans 13 restaurants universitaires, 21 cafétérias et food-trucks, plus de 2 M€ alloués à la lutte contre la précarité alimentaire, 171.620 € engagés pour le Fonds d’innovation petite enfance et 98.000 € pour la précarité menstruelle (permettant la distribution de 2 500 produits et l’accompagnement de 150 jeunes), ainsi qu’une indemnité forfaitaire de 100 € versée aux travailleurs « grands rouleurs » entre octobre et décembre 2026.

« La lutte contre la précarité ne saurait se faire de manière isolée. L’État, les collectivités et les acteurs de terrain, dont les associations, unissent leurs forces pour garantir à chaque enfant, chaque jeune et chaque famille de Bourgogne Franche-Comté les mêmes chances de réussite et de dignité », souligne Violaine Démaret, ajoutant que l’ensemble des mesures fera l’objet d’une évaluation continue intégrant la participation des personnes concernées.