Collectivités

15,5 M€ pour sécuriser l’agriculture de Côte-d’Or

Côte-d’Or. Adopté à l’unanimité, l’accord-cadre 2026-2030 entre le conseil départemental et la chambre d’agriculture de Côte-D’Or a été signé le 12 janvier. Doté de 15,5 M€, ce pacte de souveraineté vise à préparer les exploitations côte-d’oriennes aux chocs climatiques et économiques.

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Mi-janvier, les agriculteurs manifestaient à Dijon pour alerter sur leurs conditions de travail, les pertes de revenu, la politique agricole européenne... outrepassant ses compétences, le conseil départemental du 21 soutient économiquement la filière agricole et ses exploitants, chers à François Sauvadet, président du CD21. (Crédit : JDP.)

La signature de « l’accord-cadre 2026-2030 pour une agriculture durable 100% Côte-d’Or » entre François Sauvadet, président du conseil départemental de la Côte-d’Or et son homologue de la chambre départementale d’agriculture Jacques de Loisy, marque une volonté de pérenniser l’accompagnement public dans un secteur en pleine mutation. Doté de 15 M€, il vise à consolider les structures d’exploitation face à la réforme de la PAC et aux tensions liées à la pression des marchés internationaux. Cette stratégie de protection s’est concrétisée le 19 janvier par une consigne ferme émanant du conseil départemental d’interdiction des produits sud-américains, notamment la viande bovine, dans les restaurants scolaires des collèges, afin de privilégier les filières locales face à la « concurrence déloyale » dénoncée de l’accord UE-Mercosur. Cette mesure de souveraineté alimentaire vise à soutenir le modèle agricole local tout en visant l’objectif ambitieux de 80 % de produits locaux dans les cantines d’ici 2027.

Le défi de l’autonomie et de l’eau

Au-delà de l’aide financière, ce pacte se veut un levier politique pour garantir l’autonomie alimentaire du département. La gestion de la ressource en eau s’impose comme le pivot de cette stratégie, avec la signature conjointe d’un « Manifeste pour l’eau » visant à sécuriser les rendements face à un climat de plus en plus incertain. L’accord prépare déjà le terrain pour l’agriculture de 2050 via des sites pilotes testant la résistance des cultures : maraîchage bio à Perrigny-lès-Dijon, adaptation de la viticulture au changement climatique à Pommard.

Le premier pilier opérationnel repose sur le « manger local ». Pour le département, l’accélération sur les circuits courts, via Agrilocal 21 et la marque « Savoir-Faire 100 % Côte-d’Or », répond à une nécessité économique de sécuriser les débouchés pour les producteurs et garantir une alimentation de qualité dans la restauration collective, tout en conservant la valeur ajoutée sur le territoire.

Le volet démographique constitue l’autre point de vigilance de l’accord. Face au vieillissement des chefs d’exploitation, l’accord mobilise des leviers pour favoriser l’installation des jeunes avec la gestion rigoureuse du foncier (AFAFE) et le maintien de services essentiels contre la désertification vétérinaire. Le dispositif s’appuie également sur des conventions stratégiques avec le GDS (Groupement de défense sanitaire), Alyze (structure spécialisée dans l’élevage) et la CAVB (Confédération des appellations et des vignerons de Bourgogne) pour accompagner les agriculteurs dans leurs investissements techniques et les Cuma (Coopérative d’utilisation de matériel agricole) pour mutualiser les moyens afin d’alléger les coûts d’exploitation.