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17,5 M€ pour tourner la page du gaz

Yonne. Pendant vingt-sept ans, Engie pilotera le futur réseau de chaleur de Joigny. Derrière ce projet à 17,5 M€, entièrement financé par le concessionnaire, la ville poursuit un double objectif : sécuriser durablement le coût de l’énergie tout en renforçant son attractivité.

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Joigny
Joigny laisse l’entretein à Engie pour les 27 prochaines années. Crédit : Archive JDP.

Le vote du conseil municipal marque une étape décisive. Après près de trois années d’études et de concertation, Joigny a choisi Engie pour construire, exploiter et entretenir son futur réseau de chaleur. Une délégation de service public qui représente 17,5 M€ d’investissement, entièrement portés par le concessionnaire. La commune, elle, ne finance que les études préalables et l’acquisition du terrain destiné à accueillir la future chaufferie biomasse.

Pour Frédérique Colas, adjointe en charge du dossier, cette formule permet à la collectivité de mener un projet d’envergure sans alourdir ses finances. Les réflexions autour du réseau de chaleur remontent pourtant à près de dix ans. Dès 2022, bien avant l’explosion des prix du gaz liée au conflit en Ukraine, la municipalité avait engagé une étude d’opportunité avec le soutien de l’Ademe afin de repenser son modèle énergétique.

Une énergie locale pour stabiliser les coûts

Au-delà de l’aspect environnemental, la principale promesse du projet est économique. Aujourd’hui, la majorité des équipements municipaux et des logements sociaux concernés sont chauffés au gaz. Demain, ils fonctionneront grâce à une chaufferie alimentée en bois issu d’une filière locale, dans un rayon d’environ 100 kilomètres.

L’objectif est clair : limiter la dépendance aux énergies fossiles et offrir un prix de la chaleur beaucoup moins soumis aux variations des marchés internationaux. Une stabilité devenue stratégique depuis les crises énergétiques successives. « Nous voulons fiabiliser le prix de la chaleur », résume Frédérique Colas, première adjointe, convaincue que cette ressource locale constitue un véritable levier de résilience pour le territoire.

Le futur réseau développera près de 7 kilomètres de canalisations et produira environ 17 gigawattheures de chaleur par an. Il alimentera principalement les bâtiments publics, près de 800 logements sociaux des bailleurs Domanis et Simad, la piscine, plusieurs écoles, un Ehpad, ainsi que le futur centre hospitalier de Joigny. Deux copropriétés privées pourraient également être raccordées.

Accompagner la transformation de Joigny

Les premiers coups de pelle sont attendus début 2027. Les travaux s’échelonneront jusqu’en 2030 pour la majeure partie du réseau, avant une dernière phase de raccordements prévue jusqu’en 2035. Un calendrier pensé pour coïncider avec celui de la reconstruction de l’hôpital, futur client majeur du réseau. La Ville entend également profiter des ouvertures de voirie pour mutualiser les travaux d’enfouissement des réseaux, d’assainissement ou d’éclairage public, afin de limiter les coûts et les nuisances pour les habitants.

Au-delà de la transition énergétique, le projet s’inscrit dans une stratégie plus large de développement économique. En sécurisant l’approvisionnement en chaleur de grands équipements publics, en valorisant la filière bois locale et en réduisant l’exposition aux fluctuations des marchés du gaz, Joigny cherche à renforcer son attractivité résidentielle et institutionnelle. Pour la municipalité, ce réseau de chaleur constitue désormais l’un des grands investissements structurants du mandat, appelé à façonner durablement le visage énergétique de la ville.