78 M€ d’investissement : le plan de bataille du maire de Sens
Yonne. Élu en mars, Paul-Antoine de Carville dévoile ses priorités budgétaires et son plan d’attractivité pour le territoire.
Le Journal du palais. Vous avez dirigé la ville pendant quatre ans dans les pas de Marie Louise Fort, votre mandat 2026-2032 sera-t-il différent ?
Paul-Antoine de Carville. Il sera en cohérence avec ce qu’on a fait avant, parce que je m’inscris dans la continuité de ce qu’on a porté depuis maintenant 2014. Donc c’est une équipe qui se succède. Sur la méthode, il y aura évidemment la même méthode de travail, c’est-à-dire des projets qu’on annonce qu’on finance, aller au bout des projets, tenir les délais, travailler sur le quotidien des Sénonais.
Quel est l’enveloppe globale dédiée aux investissements pour les six années à venir et comment sera-t-elle répartie ?
Donc nous, on a programmé 45 propositions qu’on va mettre en place. Plus d’autres qui se mettront en place dans le mandat, parce qu’il y a toujours des nouvelles propositions qui arrivent en cours de mandat. Ces 45 propositions, on les chiffre à 78M€ d’investissement : pour le théâtre, environ 3M€, pour le pôle éducatif et sportif, environ 12M€, la construction d’un gymnase. Ça représente environ 11 millions par an.
Le budget sécurité a augmenté de 60 % sur le dernier mandat. Quels sont vos objectifs aujourd’hui ?
Aujourd’hui, on a plus d’une vingtaine de policiers municipaux. L’objectif, c’est de monter à 30 policiers municipaux d’ici la fin du mandat. Donc pour monter en puissance, chaque année, on va en rajouter deux. On continuera à mettre 150.000€ par an dans les caméras. C’est extrêmement efficace et très dissuasif. On continuera d’en mettre pour atteindre 150 caméras à la fin du mandat.
Qu’est-ce qui motive cette décision pour ce nouveau mandat ?
Il faut savoir qu’on a eu une baisse des faits constatés de délinquance de 10% depuis 2 ans consécutifs. Donc la politique qu’on met en place permet de réduire la délinquance chiffrée. C’est un résultat très concret. La mise en place des vidéos de surveillance nous permet de résoudre une grande partie des affaires, puisqu’aujourd’hui, le taux de d’élucidation du commissariat, c’est plus de 50%, ce qui est un très bon taux.
On constate une fuite des 18-24 ans, avez-vous une stratégie d’attractivité par rapport à cette tranche de la population ?
C’est une compétence de l’agglomération, la compétence du développement de l’enseignement supérieur. Donc nous, aujourd’hui, on a des formations qui sont faites déjà à l’amphithéâtre. En fonction de ce qui se passera dans les jours à venir, il faudra qu’on analyse toutes les propositions qui sont faites, peut-être en arrêter certaines, peut-être en poursuivre d’autres, parce qu’aujourd’hui, on a une école de commerce, une école d’infirmière, des BTS au lycée qui fonctionnent bien. Mais on n’a pas encore trouvé les formations qui sont complémentaires et qui marchent bien au sein de notre amphi. Donc c’est un chantier permanent.
Le musée de Sens est désormais gratuit, comment pensez-vous compenser cette absence de recette ?
Déjà, il faut savoir que l’enjeu principal, c’est augmenter la fréquentation du musée. L’idée, c’est de faire 30.000 entrées. Et il faut imaginer que les recettes du musée couvraient quelques pourcentages des coûts du fonctionnement du musée (environ 6% par an). Nous, on a une conviction, c’est que plus on va rendre gratuits les lieux culturels, plus ils vont être fréquentés, plus on aura un retour en revenus indirects, notamment un retour directement sur la boutique du musée.