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93e année

À Besançon, le bonheur est dans les prêts verts

Financement. Pour financer son ambitieuse politique de transition écologique, la ville de Besançon mobilise l’emprunt comme l’un des leviers de financement de ses projets.

Besançon est pleinement engagée dans la transition écologique. D’ici 2026, 60 millions d’euros seront destinés à la rénovation des écoles et des crèches de la ville, six millions d’euros pour la lutte contre les îlots de chaleur et la désimperméabilisation, 6,5 millions d’euros pour la rénovation énergétique des gymnases (bâtiments les plus énergivores de la ville)... « Dès 2021, c’est ainsi dix millions d’euros par an d’investissements supplémentaires qui ont été inscrits au budget, afin d’engager la transformation écologique de Besançon », précise Anne Vignot, maire de Besançon.

À la recherche d’un idéal vertueux

La réalisation de cette ambition de développement durable passe par un recours à l’emprunt bancaire. Pour rester en cohérence avec son idéal vertueux, Besançon a souhaité se doter d’un outil lui permettant de sélectionner les établissements bancaires chez qui réaliser ses emprunts en fonction de leur engagement réel dans la maitrise et la réduction de leur empreinte climatique. Dans une démarche unique en France, avec l’aide des ONG Oxfam et Reclaim Finance, la collectivité a réalisé une grille d’analyse et un questionnaire qui s’articulent autour des axes suivants :

  • La transparence financière : implantation et partenariat avec les États qui ne luttent pas contre le blanchiment, la corruption et la fraude fiscale.
  • Les actions environnementales et climatiques : stratégie de réduction des émissions de CO2, financement des énergies fossiles en particulier le charbon, action de protection de la biodiversité et lutte contre la déforestation, soutien aux économies d’énergie et développement d’énergies renouvelables.
  • Les actions en matière de responsabilité sociale : lutte contre les discriminations, égalité femmes-hommes, soutien à l’emploi local et l’économie circulaire.

« Il s’agit avant tout de faire de cette grille un outil d’aide à la décision, précise l’édile. Il permet une analyse complémentaire à la seule performance financière des offres, voire le cas échéant de différencier les propositions bancaires, en orientant vers les plus vertueuses, qui seront priorisées. La ville réaffirme ses valeurs et amène les établissements bancaires à se saisir des enjeux sociétaux. Dans le cadre d’un échange réciproque et partenarial avec les établissements bancaires, ils ont été invités à nous faire part de leurs retours et des remarques sur la grille d’analyse proposée, afin de nous permettre le cas échéant d’enrichir ou de clarifier la liste et le contenu des questions. »

Frédéric Chevalier