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92e année

À Besançon, le quartier de Planoise change de visage

Urbanisme. Planoise vit actuellement une transformation en profondeur. Cette rénovation urbaine de grande ampleur, qui va s’étaler sur une dizaine d’annéeS, passe par la déconstruction de certains immeubles. Une opération qui débute avec l’ilot Van Gogh/Picasso.

« Cette rénovation de Planoise, c’est un moment fort. Ce n’est pas que de l’urbanisme : c’est un projet sur dix ans, de 183,3 millions d’euros, qui vise à remodeler un quartier de la ville, pour lui offrir plus de modernité, de diversité, une amélioration de la qualité et du cadre de vie : un projet fédérateur pour faire concorde », explique Marie Étévenard, vice-présidente de Grand Besançon Métropole, en charge de la Politique de la Ville, de la Rénovation urbaine et de l’accompagnement social, mercredi 30 juin, lors de la présentation de la première démolition de l’ilot Van Gogh, engagée dans le cadre du Nouveau programme de renouvellement urbain (NPRU) du quatier bisontin de Planoise.

La première démolition sur le quartier de Planoise au titre du NPRU concerne l’ilot Van Gogh/Picasso (croix rouges). Grand Besançon Métropole

Au fil des décennies, Planoise a perdu son attractivité résidentielle pour les classes moyennes et donc en mixité sociale. L’aggravation des problèmes de tranquillité et d’insécurité et la constante dégradation de l’image du quartier ont accentué ce phénomène qui s’est élargi à la mixité fonctionnelle. C’est pourquoi, inscrit dans le NPRU national, le quartier de Planoise va subir de nombreuses transformations urbanistiques en associant démolition d’immeubles, réhabilitations énergétiques, résidentialisations et réaménagement des voies de dessertes et de circulation. Faisant suite au PRU 1 qui vient de se terminer, cette nouvelle campagne de travaux portera à environ 1.000, le nombre de logements qui seront démolis par l’ensemble des bailleurs dont 411 par Néolia.

Cette démolition est compliquée techniquement car située entre deux immeubles occupés et sur un terrain présentant un fort dénivelé. JDP

Ce dispositif concerne les secteurs Cassin, Époisses et Ile de France, pour un peu plus de 15.000 habitants avec pour objectif : d’offrir de nouveaux espaces, de favoriser les commerces, d’améliorer les équipements et les logements, d’ouvrir le quartier sur la ville, afin de le faire évoluer vers un espace urbain “ordinaire ” caractérisé par la diversité des fonctions, des types d’habitat et des publics, de meilleures relations avec le reste de la ville et de l’agglomération. « Il s’agit de voir loin devant, de prendre un nouveau départ, de changer l’image de ce quartier prioritaire de la ville », affirme Anne Vignot, présidente de Grand Besançon Métropole et maire de la ville.
Pour le portage de ces actions, six maitres d’ouvrages sont identifiés dans la convention NPRU : Grand Besançon Métropole, Ville de Besançon, et les bailleurs : Loge GBM, Habitat25, Néolia, Aktya Immobilier d’entreprise, pour un montant total de 183,3 millions d’euros, dont 33,9 millions pour les seules démolitions.

Le béton sera réutilisé en grande partie sur site pour combler les dénivelés et s’inscrit dans une démarche de développement durable. JDP

Ce vaste chantier débute avec la démolition de l’ilot Van Gogh/Picasso, pour un budget de 7,2 millions d’euros. Il se compose de 174 logements dont 117 sont appellés à disparaitre (entre cet été et mi 2023), soit cinq bâtiments sur les sept situés au 1,2,3 et 4 rue Van Gogh ainsi qu’au 5 rue Picasso. « La dernière réhabilitation lourde sur ce patrimoine date de 2007  », confie Hervé Constantin, directeur territorial sud Franche-Comté Néolia. La toute première phase de démolition concerne le bâtiment du 5 rue Picasso pour un budget d’1,6 million d’euros. Construit en 1984 et situé au cœur du quartier de Planoise, celui-ci est composé de 32 appartements sur cinq étages. Cet immeuble souffrait de dégradations répétées. Sur les 32 logements, 21 étaient occupés et les familles ont bénéficié d’un relogement. L’accompagnement s’est fait par une prestation de Maitrise d’oeuvre urbaine et sociale (MOUS) confiée à la fédération d’aide au relogement Soliha, qui a rencontré chaque locataire. Les souhaits et les besoins des familles ont été écoutés et des propositions ont été faites par le Groupe technique de relogement partenarial (GTR), piloté par Grand Besançon Métropole, pour proposer des relogements, avec minoration de loyer, les plus en adéquation avec les attentes de chacun. Les frais de déménagement ont été pris en charge par Néolia, accompagnée par l’ANRU à hauteur d’1,5 million d’euros.
À l’issue des démolitions, les objectifs de réaménagement équilibré de ce secteur sont multiples : « avec cette dé-densification, l’enjeu sera d’aménager les espaces extérieurs, les voiries, créer des parkings, reconnecter l’ilot aux différents sites périphériques... Il s’agira aussi d’aménager des espaces verts attractifs pour améliorer le cadre de vie et le bien-vivre des locataires, puisque qu’aucune construction n’est envisagée. Ces travaux seront réalisés dans le souci de la maitrise des charges, en concertation avec les habitants, en lien avec les associations de locataires », souligne Hervé Constantin.

Esquisse du futur site après démolition. Grand Besançon Métropole

Pour la suite : les démolitions concerneront le secteur Ile de France, le 9-11 rue du Luxembourg où va être implantée une coopérative du numérique, lieu d’activités, d’échange et de formation. Puis viendra le tour du secteur des Epoisses : le 2-4 Picardie fait partie d’un ensemble d’immeubles qui laisseront leur place à un projet autour de l’agriculture urbaine.

Frédéric Chevalier