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Assemblée plénière : la protection des citoyens pour fil rouge

Région BFC. Les élus de la région BFC se sont réunis en assemblée plénière jeudi 25 et vendredi 26 juin. Pour Jérôme Durain, président de la collectivité, cette session marquait un tournant où les projets mûris depuis son arrivée prennent corps. Entre stratégie de défense, sécurité dans les transports, mutuelle régionale et urgence éducative, l’exécutif affiche une priorité claire : protéger les citoyens dans un contexte climatique et social de plus en plus incertain.

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Photo de Jérôme Durain
Jérôme Durain, président de la région BFC. Crédit : Région BFC-XD.

Jérôme Durain a souhaité donner une coloration particulière à l’assemblée plénière régionale des 25 et 26 juin, en lien avec l’affaire Lyhanna Rameau Bernard, une collégienne de 11 ans disparue le 29 mai à Fleurance dans le Gers, victime d’enlèvement, de viol et d’assassinat. « Le sujet qui est au cœur de cette assemblée plénière est celui de la protection de nos concitoyens. C’est un fil rouge qui est central dans les attentes de nos concitoyens. Il a sur ce sujet une vraie demande de service public. Nous en avions conscience sur les enjeux de la santé, de l’éducation... nous découvrons aujourd’hui que c’est encore plus marqué dans les domaines de la sécurité, de la justice et de la protection. Et ce concept de protection se décline dans tous les domaines de l’action régionale, de la défense nationale à la santé publique, en passant par la sécurité ferroviaire et l’environnement », développe le président de la région BFC.

Protéger les plus vulnérables

La protection des plus faibles a donc été au centre des débats, avec une attention particulière portée aux violences sexuelles et sexistes, exacerbées par l’émotion suscitée par l’affaire Lyhanna. « C’est difficile quand on parle de protection de ne pas parler de ce drame... qui a engendré chez nos concitoyens une forme de sidération, confie Jérôme Durain. Bien que cela ne soient pas des compétences directes de la région, je pense que nous avons aussi notre part à prendre. Et, je suis convaincu que les souffrances de demain, peuvent être évitées aujourd’hui dans un certain nombre de nos compétences... Je suis, par ailleurs, très heureux de la proposition d’inscription à l’ordre du jour du parlement de la loi intégrale. Notre majorité déposera un vœu en ce sens sur les violences faites aux enfants ».

La sécurité au quotidien ne sera pas oubliée, avec la présentation d’une convention inédite avec la gendarmerie pour renforcer la présence humaine dans les rames de trains. L’objectif, précise Jérôme Durain, est de « lutter contre le sentiment d’insécurité et de permettre aux usagers d’évoluer dans un environnement plus sûr ».

Protéger l’environnement

Sur le volet écologique la canicule, autre actualité brûlante du moment, fait dire à Jérôme Durain : « Notre climat change, c’est particulièrement marqué dans notre région, et c’est un enjeu majeur pour les politiques publiques pour que nos villes et nos campagnes restent vivables... Nous avons été moqués, contestés, lorsque nous avons engagé des actions pour faire des transitions écologiques et énergétiques des marqueurs forts de notre action régionale, ou quand nous avons voté un rapport déclarant l’urgence climatique pour notre Région en 2021... Ceux qui se moquaient d’un prétendu alarmisme du GIEC ou des ayatollahs verts passent aujourd’hui, en un claquement de doigt, du climatoscepticisme à la climatodémagogie en hurlant à l’inaction. Nos concitoyens ne sont pas dupes de ceux qui voudraient supprimer l’Ademe, qui voudraient que les écoles soient toutes climatisées alors qu’ils voulaient supprimer 400 M€ au fonds vert dont c’est précisément la tâche ». « La climatisation est brandie comme l’arme absolue. C’est comme si en matière de sécurité routière on disait aux Français "faites ce que vous voulez. Faites n’importe quoi mais mettez votre ceinture". Pas besoin de code de la route du moment que vous avez la ceinture... La climatisation est utile, mais ça ne fait pas une politique ! Nous présentons donc à cette assemblée notre rapport de développement durable, qui regroupe l’ensemble des actions de notre collectivité pour décarboner, pour mieux économiser l’énergie, pour déployer les énergies renouvelables, et pour accroître notre résilience face au dérèglement climatique ».

Protéger la souveraineté et le pays

Au nombre des autres dossiers majeurs de cette session, la contribution régionale à l’effort national de défense. Jérôme Durain qualifie ce dossier de « loi de programmation militaire » à l’échelle régionale. « La Bourgogne Franche-Comté, c’est une région de défense par son histoire et par sa géographie. Nous avons des installations extrêmement sensibles, je pense au CEA Valduc qui est au cœur de notre dissuasion nucléaire, à la ville de garnison d’Autun et à la base aérienne de Luxeuil-lès-Bains, qui va changer de dimension avec les travaux gigantesques qui sont opérés pour accueillir deux escadrons de Rafale en 2032 et qui sera la première base dotée de missiles nucléaires hypersoniques. » Au-delà de l’aspect militaire, l’enjeu est également industriel. « Il s’agit là de protection de l’emploi et de l’industrie », explique le président, qui voit dans ce secteur une opportunité de diversification indispensable, notamment face aux difficultés de la filière automobile. La région prévoit de mobiliser 20 M€ sur la période 2026-2030 pour accompagner les investissements, structurer les filières et capter les marchés.

Protéger le vivre-ensemble

Le second volet de cette assemblée concerne les services publics de proximité, dans un contexte budgétaire que le président décrit comme « particulièrement tendu en raison du désengagement financier de l’État ». Malgré ces contraintes, la région maintient ses engagements territoriaux avec une enveloppe de 22 M€ dédiée aux projets locaux jusqu’au prochain renouvellement régional. « Malgré la menace de baisse des recettes, on ne désarme pas sur la question des territoires », assène Jérôme Durain.

Autre volet essentiel de la stratégie de « protection » des citoyens : le maintien de la vie associative. Face à un monde de plus en plus numérique, où l’IA risque de distendre le lien humain, Jérôme Durain considère la vitalité associative comme « un rempart nécessaire qu’il faut sacraliser comme nous l’avons fait avec la culture ». La région consacre ainsi une « feuille de route dédiée, avec notamment un chantier de simplification des démarches administratives », pour alléger le quotidien de ce secteur qui représente 10 % de l’emploi privé en BFC, avec 76 000 salariés répartis dans 6 400 structures employeuses.

En matière de santé, la région concrétise deux promesses fortes. D’une part, le lancement d’une mutuelle régionale pour début 2027, visant à offrir « aux habitants les plus modestes des économies de 20 à 25 % par rapport à l’offre de marché ». « Pour nous, il ne s’agira pas de devenir assureur... on va faciliter le travail en coordonnant cette démarche », explique-t-il, tout en indiquant qu’un appel à manifestation d’intérêt va être lancé pour identifier les meilleurs candidats, pour une mise en service en janvier 2027. D’autre part, « l’universitarisation » de l’école de kinésithérapie sur Dijon et Besançon permettra aux étudiants d’économiser environ 20 000 € sur leurs frais d’inscription. « Nous allons passer une convention pluriannuelle qui fixe notre intervention à 725 000 €. » À cela s’ajoute une expérimentation sur la « sécurité sociale de l’alimentation » pour lutter contre les inégalités sociales liées aux déterminants de santé, au premier rang desquels on trouve la qualité de l’alimentation.

Le dossier des transports, et plus particulièrement les difficultés rencontrées sur l’axe Nord-Yonne en direction de Paris, est un point d’achoppement pour l’exécutif. Jérôme Durain ne cache pas son agacement face à la dégradation du service : « Ce que les usagers vivent n’est évidemment pas acceptable... Je me fiche de savoir si c’est SNCF Réseau ou SNCF Voyageurs le responsable, il faut que la régularité revienne et que l’offre soit satisfaisante ». Le président entend mettre la pression sur l’opérateur historique pour que « des solutions d’indemnisation soient appliquées dès septembre. Ensuite, il faudra que les dessertes soient stabilisées. Nous avons ici un service public qui n’est pas au rendez-vous, qui plus est dans un contexte d’augmentation de la demande... La région en investissant plus d’1 Md€ sur dix ans dans du matériel neuf a fait pleinement sa part. C’est maintenant à la SNCF de respecter les clauses de la convention qui nous unit ! Ainsi, je veux dire aux Icaunais qui se sentent abandonnés, vous ne l’êtes pas », martèle-t-il, annonçant la relance des comités de desserte pour restaurer la « démocratie ferroviaire ».

Enfin, l’assemblée est revenue sur le défi logistique du lycée des Haberges à Vesoul qui a dû fermer ses portes en urgence le 7 mai 2026 en raison de risques d’effondrement. La région a réussi le tour de force de programmer la construction d’un lycée modulaire « ex-nihilo » afin de garantir la rentrée en septembre des quelque 950 élèves de l’établissement. « C’est notre projet cathédrale à nous, notre Notre-Dame régionale », lance Jérôme Durain, saluant la mobilisation exceptionnelle des entreprises et des services pour livrer les bâtiments avant le 28 août. Pour le président, cette réactivité est le symbole d’une collectivité qui « écoute les besoins et qui, malgré les tempêtes, ne désarme pas ».