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93e année

Campus Bouloie Temis : la transformation commence

Enseignement. Pôle régional majeur d’enseignement supérieur et de recherche de Bourgogne-Franche-Comté, le campus bisontin Bouloie Temis connaît actuellement une transformation en profondeur.

« Un investissement inédit ! Jamais autant de moyens n’auront été mis en oeuvre sur un campus », affirme Anne Vignot, présidente de Grand Besançon Métropole et maire de la ville, en ouverture de la cérémonie de pose de la première pierre du projet de transformation du Campus Bouloie Temis, qui s’est tenue lundi 13 décembre. Une mue profonde des lieux qui va s’étaler de 2021 à 2025, ainsi chiffrée à 80 millions d’euros (près de 60 millions de la région en additionnant les contrats de plan d’accélération de l’investissement, plus de six millions pour Grand Besançon Métropole, 1,7 million de l’Université de Franche-Comté (UFC) et près de 14 millions de crédits France Relance).

Ce chantier pharaonique concerne 70.000 mètres carrés de bâtiments créés ou rénovés dont 30.000 de constructions nouvelles sur le technopole de Temis. C’est ainsi 2.000 mètres carrés, qui sortiront de terre pour l’ISIFC, école d’ingénieurs en génie biomédical, qui pourra ainsi doubler ses effectifs dans les années à venir. Des innovations pédagogiques sont également au programme. Confiée au cabinet bisontin La Fabrike, la bibliothèque universitaire de Sciences et Sports deviendra ainsi un learning centre intégrant un openlab, un hall d’exposition et une salle de réalité virtuelle. « Avec ses équipements ouverts à tous, le campus deviendra un lieu de rencontre et de vie... Une nouvelle façon de concevoir les choses, favorisant les liens sociaux, une ouverture vers l’extérieur digne d’un vrai quartier ! », précise Macha Woronoff, présidente de l’UFC.

Au coeur de ce dispositif, l’AREA Sport offrira un espace sportif entièrement rénové avec terrain de rugby enherbé, piste d’athlétisme quatre couloirs, un parkour urbain d’exercice pour courir à travers des agrès et y produire des figures de style, le tout adapté aux personnes porteuses d’un handicap, une piste finlandaise composée de copeaux de bois offrant un amortissement souple et apprécié par les coureurs, un amphithéâtre modulable unique en région… D’un investissement de 3,6 millions d’euros, sa gestion et son animation seront assurées par la Maison du Sport, infrastructure universitaire inédite. Toujours au chapitre de l’ouverture au grand public, la création d’un jardin des sciences constituera également un nouvel espace de découvertes et d’expériences avec pas moins de 1.000 mètres carrés de serres botaniques. Théâtre de nombreux événements, le campus accueillera des expositions artistiques ouvertes à la communauté universitaire, aux habitants et à tous les amateurs de culture.

Haute qualité environnementale, sociale et économique

Cette mutation fait la part belle aux notions de solidarité et de partage. Le programme de modernisation du campus transformera les anciens bureaux du Crous en un lieu de convivialité dédié aux étudiants : le (Li)VE, pour 1,6 million d’euros. Complémentaire à la Maison des étudiants, ce bâtiment totalement réhabilité par La Fabrike accueillera une épicerie solidaire, une ressourcerie, un espace de convivialité, des locaux pour les associations, ainsi qu’un atelier de customisation (do it yourself)… Par ailleurs, côté jardin, le campus recèle un patrimoine végétal à préserver et à valoriser. Plantations, réaménagements paysagers et création d’ambiances variées sur plus de 65.000 mètres carrés révèleront la nature emblématique du massif jurassien rythmée par les prairies, les vallons, les bosquets…

« Il était urgent d’agir pour rattraper notre retard »

Poumon vert de l’agglomération bisontine où se côtoieront communauté universitaire et habitants, le parc-campus arborera de nouveaux cheminements et points de vue invitant à la promenade, soit 2,7 kilomètres de pistes piétonnes et cyclables. À terme, il ouvrira de nouveaux liens paysagers débordant du domaine universitaire pour relier le technopole. Temis, soulignant ainsi la forte interaction existant entre laboratoires, lieux d’enseignement et lieux de vie. De même, les boulevards Kennedy, Churchill… pourraient être transformés en boulevards urbains confortables reliant les quartiers adjacents au parc-campus. Au-delà de ce nouveau corridor vert, un travail important sera également engagé au niveau de la route de Gray afin de connecter l’Institut supérieur des Beaux-Arts au reste du campus.

L’une des université les plus vieilles de France

Un partenariat avec l’organisme de transport de la ville Ginko veillera à renforcer la fréquence des bus pour desservir au mieux le campus. Afin de stimuler la vie étudiante, des lieux de rencontres seront créés à la croisée des flux piétons. Place centrale, parvis, terrasses, jardin de lecture… ces espaces extérieurs ornés d’oeuvres artistiques originales d’Olivier Vadrot, artiste designer de Beaune, matérialiseront de nouveaux lieux de vie sur le campus. Ces dernières prendrons la forme de trois éléments formels : un grand cône de pierre de grès vert (four à pain), un cercle de métal (assises) et un mât (cloche).

Toutes les rénovations au nombre de huit et toutes les constructions – qu’elles concernent le Crous, l’UFC ou l’École nationale supérieure de mécanique et de microtechniques (Ensmm)– visent les meilleurs niveaux de performance énergétique. La rénovation du réseau de chaleur est en cours tandis que la production d’énergie solaire est programmée en toiture de certains bâtiments. Ce projet permettra enfin de créer 650 emplois nouveaux. En conclusion de son discours Macha Woronoff a rappelé que cette université, née il y a 600 ans, l’une des plus vieilles de France affichait un taux de vétusté de ses structures de 41%, soit le double de la moyenne nationale. « Il était urgent d’agir pour rattraper notre retard », a ajouté Marie-Guite Dufay, présidente de la région BFC.

Frédéric Chevalier