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93e année

Campus Métropolitain : un outil au service de l’ingénieur de demain

Éducation. Le campus métropolitain de Dijon qui accueille les écoles d’ingénieurs ESTP et Eseo, depuis novembre dernier, a été officiellement inauguré mardi 8 mars.

Le nouveau Campus Métropolitain à Dijon. JDP

Il y a un peu plus de deux ans, la première pierre d’un campus d’un genre nouveau, à la fois vitrine des enjeux environnementaux, du numérique et de l’innovation, était posée. Mardi 8 mars, ce campus métropolitain qui accueille en son sein l’École spéciale des travaux publics (ESTP) et l’École supérieure d’électronique de l’Ouest (Eseo) était officiellement inauguré en présence des élus. Marqueur urbain dès l’entrée de la ville, au croisement de la rue Sully et de l’esplanade Berthault, ancré sur le campus universitaire dijonnais, ce bâtiment a bénéficié du soutien de la région Bourgogne Franche-Comté et a été construit par la Société publique locale aménagement de l’agglomération dijonnaise (Splaad) pour le compte de Dijon métropole dans le cadre d’un inédit Marché global de performance regroupant, conception, travaux et entretien/maintenance de l’édifice, lancé en juillet 2018.

Ce marché, remporté par le groupement piloté par l’entreprise C3B (filiale de Vinci Construction France) et accompagnée du cabinet d’architectes Architecture Studio a ainsi donné naissance à un édifice de plus de 10.000 mètres carrés, sur quatre étages, comprenant  : un amphithéâtre de 400 places modulable et commun aux deux écoles, huit laboratoires de recherche, des espaces mutualisés (de détente et associatifs, salles de réunion), 44 salles d’enseignement, des espaces administratifs, de grandes terrasses accessibles et un parking souterrain de 90 places. Livré le 14 octobre, il représente un investissement total de plus de 25 millions d’euros dont 2,66 millions d’euros liés au contrat de maintenance sur 15 ans. À termes, le campus métropolitain accueillera 800 étudiants (500 pour l’Eseo et 300 pour L’ESTP).

«  Le bâtiment, à l’enveloppe polymorphe avec un socle commun transparent et traversant, accueille les deux écoles de façon distincte par des bardages aux couleurs différentes  : doré pour l’ESTP et argenté pour l’Eseo. Il symbolise la rencontre et la mise en commun des savoirs et des pratiques et propose des espaces qui valorisent les nouvelles pratiques pédagogiques. Son identité architecturale forte, qui ne passe pas inaperçue, en fait un marqueur au cœur du campus universitaire et un lien remarquable entre l’uB, d’un côté et l’hôpital de l’autre, avec qui nos deux écoles ont matière à collaborer sur des projets et enjeux transverses  », défend Laurence Mangenot, directrice de l’ESTP Dijon.

Un campus évolutif et réversible

Équipée de panneaux photovoltaïques en toiture, de vitrages dynamiques qui s’éclaircissent ou s’obscurcissent en fonction de l’intensité du soleil, de brises soleil orientables, raccordée au réseau de chaleur urbain, apportant un confort l’été sans recours à la climatisation (technologie de boucle de refroidissement adiabatique), la construction est exemplaire sur le plan environnemental. Également éco-conçue (utilisation de béton bas carbone et limitation de son usage sur le chantier, ossature bois, revalorisation des déchets de construction à 90 %...) elle embrasse les nouvelles techniques constructives pour mieux valider le label Énergie (niveau 3) et Carbone (niveau 1) souhaité par le maître d’ouvrage.

« Nos élèves, futurs ingénieurs, seront ainsi à la pointe de l’évolution numérique et de tout ce qui relève de la production de bâtiments durables »

«  Au-delà de l’exemplarité du bâtiment en matière de consommation d’énergie et de développement numérique, c’est également un endroit agréable à vivre. Il est doté de salles de formations performantes à l’excellent confort acoustique, mais aussi d’espaces adaptés pour se poser et travailler. Il est très lumineux et fonctionnel. C’est également un campus évolutif et réversible, qui offre une grande souplesse d’usage. Nos étudiants ont besoin de se projeter dans des lieux qui font rêver. C’est un bel outil de travail au service de tous  », appuie Laurence Mangenot.

Un numérique au service des usagers

Laurence Mangenot, directrice de l’ESTP Dijon, et Carlos Martins, directeur de l’Eseo Dijon, ont inauguré le nouveau campus métropolitain dijonnais. JDP

Le campus métropolitain se veut également exemplaire sur le plan de la connectivité et du numérique  : connexion internet optimale, protection des réseaux et systèmes contre les cyberattaques, intégration du bâtiment dans la smart city dijonnaise, architecture numérique entièrement dédiée à ses usagers… Le cœur du projet est constitué par un Building operation system (BOS), un système d’exploitation - véritable trait d’union entre le bâtiment réel et son jumeau numérique qui collecte et centralise les données issues des nombreux capteurs présents dans tout l’édifice (capteurs de présence, de CO2...). Ses capteurs permettent de contrôler et réguler la température, l’éclairage et la qualité de l’air ambiant, avec à la clé, des économies d’énergie et une meilleure qualité de vie pour les usagers.

Le campus métropolitain est l’un des premiers bâtiments français Bim GEM Ready 2 Services, 3 étoiles, permettant de suivre l’occupation, l’usure ou la consommation énergétique d’un bâtiment. Les enseignants et les élèves ingénieurs auront accès à une multitude de services via une application smartphone dédiée (réservation de salles, remontées d’incidents au service technique, plan du site et géolocalisation, envoi de notifications aux étudiants, indications de changements de salle, etc.).

Des travaux déjà entamés pour un deuxième campus

«  De plus, nos étudiants pourront aussi utiliser les données et les ressources du bâtiment pour lancer des projets d’études et de recherche favorisant l’acquisition de compétences professionnelles. C’est un véritable bac à sable qui leur permettra de développer leurs expériences et leurs connaissances au cours de leur formation. Dans le même temps, nous pourrons accentuer nos échanges avec les instances universitaires, situées à proximité, explique Carlos Martins, directeur de l’Eseo Dijon. La présence dans un unique bâtiment est aussi un atout indéniable. Cela facilitera la mise en place de travaux pédagogiques alliant les compétences techniques de l’Eseo et de l’ESTP, afin de développer des projets scientifiques de haute valeur technologique. Nos élèves, futurs ingénieurs, seront ainsi à la pointe de l’évolution numérique et de tout ce qui relève de la production de bâtiments durables et pourront à la fois relever les défis de la numérisation et du traitement des données mais aussi de la conception décarbonatée pour la ville de demain  ».

Convaincue par la pertinence de ce campus métropolitain, Dijon Métropole a déjà entamé, juste derrière l’actuel édifice, les travaux d’un futur campus métropolitain 2, qui accueillera deux nouvelles écoles d’ingénieurs dans des domaines autres que ceux des BTP, offrant toujours plus d’attractivité à la capitale régionale.

Frédéric Chevalier