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92e année

CCI de l’Yonne : Alain Pérez tire sa révérence

Collectivités. Après 12 années à la tête de la chambre consulaire icaunaise, l’industriel sénonais s’apprête à tourner la page et à céder la place à son successeur, Thierry Cadeville. Il revient sur ses deux mandatures marquées, notamment, par une farouche volonté d’indépendance.

Alain Perez. CCI de l'Yonne

Il restera attentif aux dossiers économiques du territoire. Aujourd’hui, la présidence d’Alain Pérez prend fin. Celui qui a toujours veillé au maintien du statut d’établissement public indépendant de la CCI de l’Yonne et à sa « capacité à réagir à une fusion-absorption » peut à présent prendre un peu de recul. « C’est à mon successeur de rester vigilant », précise-t-il simplement. Après deux mandats, le désormais ex-président de la chambre consulaire confie « avoir eu beaucoup plus de satisfactions que de regrets. Je suis issu de l’industrie et j’ai voulu lui apporter ce qu’elle m’avait donné. J’ai eu des relations fantastiques avec le monde de l’entreprise et avec les équipes consulaires que je remercie sincèrement ».

Un triptyque gagnant

Des batailles, le Sénonais en a livrées quelques-unes en plus d’une décennie : la diminution des ressources divisées par trois en quelques années, la baisse des effectifs réalisée « sans casse sociale », la surabondance des formalités administratives. « J’ai toujours voulu bâtir quelque chose qui fonctionne sur trois pieds pour réduire notre dépendance à la taxe qui est aujourd’hui de 30% seulement : la location industrielle et commerciale - la CCI de l’Yonne est aujourd’hui le premier loueur foncier à usage professionnel du département -, la formation - le réseau consulaire est le deuxième formateur de France après l’Éducation nationale - et les services d’ingénierie aux collectivités territoriales et aux entreprises. »

Le port de Gron, en exemple

Parmi ses plus grandes satisfactions, la création ex-nihilo du port fluvial de Gron que la chambre consulaire a menée contre vents et marées. « Il s’agit d’un exemple extraordinaire de partenariat public-privé (PPP) réussi. » Si le hub multimodal constitue une véritable réussite logistique et économique - il représente 30 % de l’activité colis lourds du port du Havre (Seine-Maritime) - Alain Pérez se souvient de la vague de pessimisme que le projet suscitait chez nombre de responsables.

Des échecs ? L’aéroport Auxerre-Branches, forcément. « Je regrette aussi de ne pas avoir eu le temps de développer ce que je voulais faire à l’international. Nous avons de véritables pépites dans l’Yonne qui ne sont pas structurées pour l’export. Un service clé-en-main leur est indispensable. » Plus qu’un bilan, Alain Pérez laisse une véritable feuille de route à son successeur.

Stéphane Bourdier