Côte-d’Or. Les deux sénateurs de droite et du...
Côte-d’Or. Les deux sénateurs de droite et du centre réélus facilement, François Rebsamen de retour au Sénat : pas de surprise pour ces sénatoriales 2026 mais un futur qui se dessine…
Le résultat de dimanche n’a rien bousculé. Dès le premier tour, la liste d’union de la droite et du centre (820 voix, 50,93 %) a conforté les sortants Anne-Catherine Loisier et Alain Houpert. À gauche, François Rebsamen, soutenu par le PS, les radicaux de gauche et les écologistes (428 voix, 26,58 %), retrouve le Sénat où il avait été élu en 2008. La liste « Territoires et liberté », menée par Didier Maingault, se présentait comme l’héritière de l’action de François Patriat. L’entrée en campagne tardive n’a pas fait le plein (94 voix, 5,84 %) mais avait éteint toute tentative de récupération de cet héritage par d’autres listes. Le Nouveau Front populaire (56 voix) et À la reconquête de la Côte-d’Or (19 voix), restent très en retrait.
Premier enseignement : cette victoire tient à l’équilibre de la liste gagnante qui a su rallier les individualités. Les deux sortants étaient en effet renforcés par deux poids lourds du département, Marie-Claire Bonnet-Vallet, vice-présidente du conseil départemental, et Ludovic Rochette, conseiller régional, maire de Brognon et président de l’AMF21 - dont il avait été question un temps qu’il fasse cavalier seul ; Anne-Gaëlle Catinot, première adjointe à Beaune, incarnant elle « la voix du sud », selon Alain Houpert, avec l’élan de l’élection de son maire, Pierre Bolze. À l’annonce des résultats, l’air réjoui de François Sauvadet, président du conseil départemental de la Côte-d’Or, en disait long sur son implication en sous-marin au profit de cette liste d’union.
Poussée du RN et héritiers désignés
L’inédit est ailleurs, d’abord dans la poussée du Rassemblement national. La liste « Au service des communes pour défendre la Côte-d’Or », soutenue par le RN, qui réunit 193 voix contre 38 en 2020 prouve selon la tête de liste Tatiana Guyenot, le désir d’« un premier pas vers le changement », faisant part des difficultés des maires du monde rural, « par rapport au financement, par rapport aux dossiers de subvention, par rapport à tout ce qui est administratif ». François Sauvadet lit ce résultat autrement : « Ce n’est pas un vote de conviction, c’est un vote de colère. » Il serait dangereux de s’en tenir à cette simple analyse : cette progression s’inscrit en effet dans une dynamique nationale, puisque le RN va pouvoir constituer pour la première fois un groupe au Sénat, complété par ses alliés de l’UDR.
Le second enseignement porte sur la transmission. Alain Houpert, (4e mandat) qui avait cédé la tête de liste après deux campagnes où elle était sa colistière à Anne-Catherine Loisier, parle d’« un acte de transmission ». Avec Marie-Claire Bonnet-Vallet et Ludovic Rochette, la liste d’union a mis en avant deux figures de la génération suivante. On peut imaginer que dans sept ans, le « golden ticket » comprendra forcément leurs noms.