Dans le Jovinien, les tiers-lieux font vivre le territoire
Association. À Joigny et dans les communes voisines, les tiers-lieux multiplient les initiatives pour rapprocher les habitants, soutenir les associations et faire vivre la culture. Mais derrière cette dynamique citoyenne, les difficultés de financement et le manque de bénévoles fragilisent certains projets.
Un café associatif, des jardins partagés, des ateliers artistiques ou encore des espaces de travail : les tiers-lieux prennent des formes multiples dans le Jovinien. Leur point commun ? Faire de ces espaces des lieux de rencontre, d’expérimentation et de coopération, où les habitants ne sont pas seulement des usagers, mais aussi des acteurs du projet. 12 lieux ont été identifiés dans le Jovinien, même si ce recensement pourrait encore être complété.
À Saint-Aubin-sur-Yonne, La Prochaine Aire illustre cette dynamique. Installé dans une ancienne maison éclusière, ce café associatif se transforme en guinguette pendant la période estivale. Concerts, spectacles et rencontres rythment sa programmation, qui compte environ 75 événements par an. Le lieu repose sur l’implication des habitants et des bénévoles, y compris internationaux.
Les projets dépassent également les murs des bâtiments. Aux jardins familiaux de la Madeleine, à Joigny, 22 familles peuvent cultiver des légumes dans des bacs installés au pied des immeubles. Deux forêts comestibles, créées en 2024, ont par ailleurs mobilisé plus de 70 bénévoles pour planter plus de 500 arbres.
Une dynamique citoyenne sous pression
« Les tiers-lieux ont quand même cette grande particularité d’amener du lien social, martèle Lise Bouchereau, de la Convergence des possibles. Il y a cette idée de construire le lieu par et pour les usagers. » Les habitants peuvent ainsi contribuer à la programmation, proposer des activités et faire émerger des projets qui répondent à leurs propres besoins.
Mais cette dynamique reste fragile. À La Prochaine Aire, la dépendance aux subventions constitue un sujet de préoccupation. « Aujourd’hui, on a pu se rendre compte avec ce bilan annuel que finalement, La Prochaine Aire était très dépendante de la subvention de la CAF », explique Lise Bouchereau. Une baisse des financements pourrait entraîner « des réductions drastiques des activités », notamment en limitant les moyens consacrés à la programmation estivale.
Car le rôle de ces lieux dépasse celui d’un simple café associatif. « Ces financements-là permettent aussi cet accompagnement social qui n’est pas rentable », souligne-t-elle. Derrière les événements, les équipes consacrent du temps à accueillir les habitants, à favoriser leur participation et à créer des liens. « On a presque des travailleurs sociaux qui ne se le disent pas », résume Lise Bouchereau.
À l’échelle nationale, les incertitudes budgétaires pèsent aussi sur le secteur. Les tiers-lieux accueillent souvent des activités d’économie sociale et solidaire, dont le fonctionnement dépend en partie des financements publics.