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Déchets : le défi du Grand Sénonais

Yonne. La Communauté d’Agglomération du Grand Sénonais (CAGS) ambitionne d’accueillir les déchets d’une bonne partie du département de l’Yonne à travers un projet colossal d’Usine de Valorisation Energétique (UVE).

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Obsolète, l’actuelle usine d’incinération de la zone des Vauguillettes à Sens devra fermer ses portes d’ici 2030. (Crédit : Floriane Boivin.)

En fin de vie et après 40 ans d’activité, l’usine d’incinération de la zone des Vauguillettes de Sens devra fermer ses portes d’ici 2030. Une échéance bien intégrée par les élus qui travaillent depuis deux ans sur un projet ambitieux d’Usine de Valorisation Energétique (UVE). Ils affichent ainsi l’objectif d’une gestion plus écologique et plus performante des déchets ménagers résiduels de plus de 200.000 habitants.

Cette nouvelle installation pourrait entrer en service à l’horizon 2031-2032. Plus moderne et de plus grande capacité de tonnage, avec un prévisionnel nettement supérieur, entre 40.000 et de 70.000 tonnes de déchets par an. L’usine peut accueillir jusqu’à 24.000 tonnes aujourd’hui, mais 21.000 tonnes de déchets y sont traités chaque année, maximum fixé pour des raisons de sécurité.

Transition écologique renforcée

Construite en 1988, l’usine actuelle constituait un projet novateur à une époque marquée par l’essor des sites d’enfouissement. Aujourd’hui, l’un des enjeux majeurs pour l’intercommunalité est d’accompagner la tendance nationale observée depuis 2016 à la fermeture progressive de ces centres de stockage de déchets inertes (-50%) et non dangereux (-24,31%).

L’installation existante présente par ailleurs des limites importantes : une part significative des déchets n’est pas valorisée pendant près de cinq mois par an. La future unité permettrait une incinération en continu, assurant une valorisation énergétique tout au long de l’année, que ce soit pour la production d’électricité destinée à la vente, voire, à plus long terme, pour la production d’hydrogène, tout en continuant d’alimenter le réseau de chaleur urbain de Sens, avec une possible extension. Un levier essentiel pour la pérennisation du réseau, comme le souligne le maire de Sens, Paul-Antoine de Carville, qui évoque un passage de 80% à 100% du mix énergétique local. Un projet fortement soutenu par Engie, selon l’élu.

Équilibre financier

Comme le rappelle le président de la CAGS, Marc Botin, l’objectif reste de « monter un dossier économiquement viable » pour ce projet estimé à environ 90 M€, la ville de Sens étant déjà propriétaire du terrain destiné à accueillir l’équipement. D’où la volonté d’y associer plusieurs autres intercommunalités qui constitueraient un groupement d’autorités concédantes liées par convention. Sur les dix collectivités pressenties, deux doivent encore se positionner : les communautés de communes de Puisaye-Forterre et Yonne Nord.

Retenus pour cette mission en tant qu’assistant à maitrise d’ouvrage, Manergy SAS, l’EURL Cap’ecos, des Partenaires Finances Locales et le cabinet d’avocats Loiré-Henochsberg & Associé AARPI, seraient rémunérés jusqu’à 258.603 € TTC sur six ans. Ce marché, découpé en tranches afin d’en sécuriser le déroulement, comprend une tranche ferme de 75.618 € TTC relative à un complément d’étude de faisabilité sur la création de l’UVE, et deux tranches optionnelles de 134.868 € TTC et de 48.117 € TTC. La participation financière des EPCI (Établissements publics de coopération intercommunale) sera calculée au prorata de leur population.