Déployer l’égalité femme-homme
Yonne. Le Centre Émilie Mottet déploie sa première tournée régionale pour renforcer l’égalité femmes-hommes, en allant à la rencontre des territoires et des acteurs locaux engagés.
Reconnue par l’Insee comme la première région rurale de France, la BFC fait face à des enjeux spécifiques : isolement des femmes, accès à la formation et à l’emploi, mobilité et services publics. Dans ce contexte, le 8 octobre 2024, le conseil régional a créé le Centre Émilie Mottet, centre de ressources dédié à l’égalité entre les femmes et les hommes, inscrit dans le CPER 2021-2027. Son nom rend hommage à Émilie Mottet, figure engagée pour les droits des femmes et première élue municipale de Belfort. Aujourd’hui, le centre fédère plus de 150 structures autour de quatre axes. En 2026, il lance l’Émilie Mottet Tour.
Au plus près des territoires
L’ambition est de sortir du cadre institutionnel pour aller à la rencontre des territoires et de ses habitants, associations, professionnels afin de renforcer cette dynamique et favoriser les échanges à travers une série de huit événements (conférences, tables rondes). Étape icaunaise du tour, la ville de Sens accueillait le 11 juin 2026 à l’Amphi les actrices et acteurs de terrain avec un objectif commun : faire progresser l’égalité entre les femmes et les hommes sur leur territoire. L’événement était centré sur la thématique sexisme et numérique.
Si l’égalité professionnelle progresse en France depuis dix ans, les écarts, notamment salariaux, restent importants. En politique, une femme sur cinq seulement accède au mandat de maire, « surtout dans les petites communes », a rappelé Ghislaine Pieux, adjointe à Sens. Particulièrement engagée dans la lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants depuis de nombreuses années, l’élue a émis le souhait d’implanter une antenne du Centre Émilie Mottet à Sens.
Inégalités encore visibles
Fondatrice de Possible, agence de conseil en RSE (responsabilité sociétale des entreprises), Delphine Morandet a ouvert les échanges sénonais. L’entrepreneuse a témoigné de son parcours, marqué par une expérience de violences conjugales, puis par la reconstruction de sa vie en tant que mère célibataire et cheffe d’entreprise. Elle est notamment revenue sur les difficultés liées au maintien de son autonomie financière et sur les enjeux d’émancipation économique des femmes : « Aujourd’hui j’écris ma normalité et je pense qu’entreprendre, c’est entreprendre sa vie », a-t-elle affirmé.