Des terres agricoles encore abordables en BFC
Région BFC. Malgré la forte pression foncière et le contexte économique instable, le marché du foncier rural en région demeure dynamique avec des prix relativement stables ce qui est une bonne nouvelle pour la dynamique agricole du territoire.
Loin des clichés de quelques parcelles viticoles côte-d’oriennes qui défrayent parfois la chronique par leur valeur indécente, les prix du foncier agricole en région BFC sont maîtrisés a annoncé la Safer [1] BFC par la voix de son président, Bernard Lacour, et de son directeur, Philippe De Segonzac.
Prix maîtrisés, installations facilitées
Une relative stabilité qui se révèle un atout pour la transmission des exploitations, l’installation des jeunes et les investissements productifs. En 2025, 24 000 transactions ont été enregistrées (+4 %) soit près de 67 500 ha échangés (+6 %) pour une valeur globale de 2,14 Mds€ (+18 %).
La Safer se félicite de ces prix relativement contenus, loin des phénomènes spéculatifs observés sur d’autres territoires. Grâce à cette situation, et à son agriculture diversifiée (élevage, grandes cultures, viticulture) et valorisée (AOP et autres signes de qualité), la région BFC demeure attractive, y compris pour l’installation des « hors cadres familiaux ».
Les terres et prés les moins chers...
Il existe toutefois des disparités selon les usages des terrains. La région BFC demeure celle où le prix des terres et prés est le moins élevé de France. Pour autant, ce marché est dynamique avec 35 200 ha vendus (+6 %) pour 249 M€ (+12 %). Le prix moyen des biens libres n’atteint que 2 740 €/ha contre une moyenne nationale située à 6 460 €/ha et celui des biens loués à 2 750 €/ha contre 5 350 €/ha. Au sein de la Région, la situation est toutefois hétérogène. Le prix des terres en plaine, en zones périurbaines et frontalières ou à forte valeur ajoutée étant sans surprise plus élevé. Le rendement locatif demeure très satisfaisant pour les propriétaires et 70 % des transactions concernent des terres occupées par un fermier.
... Les vignes les plus chères
À l’inverse, les plantations en vignes, portées par la renommée des grands crus bourguignons, comptent parmi les plus chères de France. Le marché a ainsi connu en 2025 une progression du nombre de transactions : 709 (+11 %) pour 680 ha (+27 %), dominé par la Saône-et-Loire (environ 300 ha) et plus encore de la valeur : 540 M€ (+82 %). Ces chiffres sont toutefois à modérer car une seule transaction (plus de 300 M€…) a fait basculer les statistiques !
Il n’en résulte pas moins que ces données sont satisfaisantes alors que les vignobles de la moitié sud de la France traversent une crise profonde, les vignobles bourguignon et jurassien résistent. Ainsi le vignoble pèse en valeur 31 % du marché agricole régional contre seulement 1,6 % en moyenne nationale.
Marché forestier en recul
Le marché des forêts, très parcellaire (60 % des transactions sur moins d’un ha), connaît en revanche un net recul. Si le nombre de transactions est stable (+1,3 %), les surfaces concernées sont réduites (-23 %) et plus encore la valeur (-39 %), notamment à cause de la baisse de l’activité de tonnellerie qui freine les achats dans les grands massifs. Des chiffres qui peuvent toutefois s’apparenter à un retour à la normale après un exercice 2024 assez exceptionnel.
Maisons à la campagne : et ça repart !
Côté propriété bâtie enfin, si le prix d’un lot à la campagne est inférieur en BFC à la moyenne nationale (165 100 € contre 210 000 €), le marché se porte plutôt bien avec une hausse de 10 % des transactions et 5 % en valeur (608 M€). La Saône-et-Loire représente un tiers de ce marché.
[1] SAFER : société d’aménagement foncier et d’établissement rural, sans but lucratif avec missions de service public pour protéger les espaces agricoles, naturels et forestiers