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92e année

Is-sur-Tille : dynamique commune rurale

Développement. À Is-sur-Tille, l’implantation de l’enseigne Mc Donald a surpris jusqu’au maire, Thierry Darphin, qui y voit une récompense de la dynamique économique.

Thierry Darphin, maire d’Is-sur-Tille depuis 2014. JDP

Si l’implantation d’un restaurant Mc Donald n’est peut-être pas un événement gastronomique, c’est en revanche un signe économique important pour une ville moyenne : « Quand j’ai été contacté par Mc Donald France, j’ai eu du mal à le croire, avoue Thierry Darphin, maire d’Is-sur-Tille depuis 2014, mais c’est le signe que notre ville est aujourd’hui attractive ». Avec 4.500 habitants, une centaine d’entreprises et 85 associations, Is-sur-Tille – à 20 kilomètres du centre-ville de Dijon – connaît depuis quelques années un développement inattendu pour une ville moyenne qui se répercute aussi sur la pression immobilière (+12 % depuis la crise du Covid).

En cause, selon le maire : « Le développement de Valmy, qui emmène les Dijonnais au Nord de Dijon » mais aussi un virage numérique pris bien avant la crise sanitaire : « Quand on est une ville moyenne, il ne faut pas qu’on s’endorme et toujours équilibrer entre les entreprises et le centre-ville. Grâce à une convention avec la CCI en 2015 pour accompagner les commerçants, nous avons pris trop tôt le virage du numérique, mais grâce à cette anticipation, nous n’avons pas particulièrement souffert de la crise et il y a aujourd’hui une dynamique naturelle vers les commerces de centre-ville ».

D’importantes économies réalisées

Autre explication fournie aussi par le premier magistrat, la modernisation de l’administration et une politique d’économie 2.0 prônant la mutualisation : « Nous dématérialisons bon nombre des démarches des administrés, nous rationalisons les emplois en allant à la pêche aux subventions ». Et la recette semble fonctionner. En initiant une politique d’isolation des bâtiments communaux grâce au soutien de l’État, la ville au budget de quatre millions d’euros (et un taux d’endettement de 27 % en 2019) a réalisé d’importantes économies. Aujourd’hui la municipalité prévoit l’installation d’un espace de télétravail dans la gare : « En mairie, j’ai un tiers du personnel en télétravail et nous avons un meilleur rendement parce qu’il y a un véritable confort de vie ».

« Ce qui nous guide, c’est la volonté commune de laisser aux générations futures une municipalité moderne, dynamique et viable »

Autres combats : la construction d’un lycée : « Il y a un enjeu environnemental et financier. Aujourd’hui les élèves sont obligés d’aller à Dijon. Cela coûte cher et engendre un impact important sur l’environnement » mais aussi une meilleure desserte d’Is-sur-Tille par l’augmentation des cadences ferroviaires : « Sur tous ces dossiers, nous travaillons avec la région qui se montre sensible et j’ai bon espoir que cela aboutisse ». Un argument de taille : l’arrivée prochaine de 85 familles de gendarmes dans la nouvelle caserne dédiée au CEA de Valduc dans la cadre du programme gouvernemental de renforcement des sites stratégiques.

L’ombre de Dijon Métropole

Mais devant pléthore de bonnes nouvelles, Thierry Darphin ne veut surtout pas oublier qu’Is-sur-Tille est avant tout une commune rurale : « Nous sommes à 20 minutes de Dijon et nous devons toujours travailler pour un juste équilibre entre entreprises et habitat (d’où la construction de l’écoquartier AMI). L’objectif n’est pas de devenir une banlieue de la métropole ou de ne plus accueillir que des déplacements pendulaires ».

Pour ce faire, le maire pratique une véritable politique marketing : « Nous allons chercher les entreprises qui manquent. Aujourd’hui par exemple, je cherche un électricien pour s’installer parce que nous avons besoin de ces compétences sur le territoire » et n’hésite pas non plus à prendre des mesures d’adaptation : « Quand des classes d’école ont fermé, nous avons conservé le foncier. Si besoin, demain je peux en rouvrir deux sans aucun problème. Il faut savoir s’adapter en permanence ».

Sur un plan politique, s’il regrette le refus de la commune limitrophe de Marcilly-sur-Tille de créer, ensemble, une commune nouvelle « pour devenir l’une des plus grandes communes de Côte-d’Or et décupler notre force d’action », il rend hommage - fait rare - aux élus de l’opposition : « Nous travaillons en véritable intelligence sur l’ensemble des projets. Il m’arrive d’ailleurs quelquefois de retirer des délibérations parce que les arguments que l’on me donne sont convaincants » et de souligner « Ce qui nous guide, c’est la volonté commune de laisser aux générations futures une municipalité moderne, dynamique et viable ».

Antoine Gavory