Jérôme Durain, un président de région en Châtillonnais
Côte-d’Or. Le président de l’exécutif régional était à la maison de santé de Châtillon-sur-Seine et à la Maison de la forêt à Leuglay, une des vigies du Parc national de Forêts : deux dispositifs en partie financés par la région BFC, dont Jérôme Durain a pu mesurer la pertinence sur le terrain.
Le sentiment d’abandon du monde rural transparaît parfois sans détour dans les paroles d’un élu local. Par exemple lorsque Jérémie Brigand, maire de Châtillon-sur-Seine et président de la Communauté de communes lance à Jérôme Durain, en visite à la maison de santé pluridisciplinaire de la commune : « Nous sommes heureux de vous accueillir en pays châtillonnais. C’est la première fois depuis 2016 et Marie-Guite Dufay, pour la signature du contrat Leader, qu’un président de région se déplace à Châtillon-sur-Seine. » « Sentiment » ne signifiant pas pour autant abandon, Jérémie Brigand se félicite par ailleurs « des bonnes relations avec le conseil régional, notamment à travers ce programme Leader, où nous avons obtenu une enveloppe de 1,6 M€, la plus grosse depuis 20 ans. Cet argent a servi, entre autres, à financer cette maison de santé portée par la ville, avec une contribution de la région et de la communauté de communes. Grâce à un financement à 80 %, les loyers pour les professionnels sont diminués. » La région a en effet spécifiquement soutenu le projet, d’un coût global de 2 095 095 €, par une subvention en 2021 de 300 000 € puis de 282 648 € (programme Leader 2014-2022).
Lutter contre le désert médical
Ouverte en 2023, cette maison de santé qui accueille une quinzaine de professionnels libéraux de plusieurs disciplines (médecins généralistes, pédiatre, psychiatre, psychologue, diététicienne, orthophoniste...) est venue combler un manque dans ce nord Côte-d’Or identifié comme désert médical : les patients affluent et la totalité des espaces est louée par les professionnels à la Sisa (société interprofessionnelle de soins ambulatoires), structure juridique ad hoc pour les maisons de santé lui permettant de bénéficier d’argent public. La pédiatre Évie Marius Le Prince, également co-gérante du lieu l’explique : « Le fait de ne pas avoir créé un lieu vide pour accueillir des professionnels de santé, mais qu’ils soient à l’initiative du projet, est la clé du succès ». Par ailleurs, le centre de santé hébergé à la maison de santé accueille deux médecins généralistes salariés de la communauté de communes, qui a aussi créé une bourse pour permettre à l’orthophoniste d’avoir son diplôme et d’exercer sur place...
En à peine trois ans, la maison de santé a réussi son pari de lutter contre la pénurie de praticiens mais s’est aussi montrée efficace contre l’isolement de ces derniers. « Bien que la région n’ait pas de compétence directe en santé, nous intervenons là où c’est utile pour assurer un maillage territorial efficace, précise Jérôme Durain. Nous finançons plus de 200 maisons de santé pluridisciplinaires et agissons sur d’autres leviers, comme la gratuité des études de kiné à Dijon ou le lancement d’une mutuelle régionale... » Le futur, estime Jérémie Brigand, est d’envisager la maison de santé comme un véritable « lieu de vie » et un motif d’attractivité pour le nord Côte-d’Or, intégrant un mini-internat pour les stagiaires, et un système de « bâtiment relais » pour accueillir « temporairement des professionnels pendant quelques mois afin de leur faire découvrir le territoire ».
Seconde étape pour le président de région, la Maison de la forêt à Leuglay, lieu d’éducation et de sensibilisation à l’environnement forestier au cœur du Parc national de forêts. Le président de région y a été chaudement remercié par le directeur du Parc national le plus septentrional de France, Philippe Puydarrieux, pour le soutien de l’exécutif régional à cet îlot de préservation environnementale et de recherche scientifique qui ne nuit pas à l’écosystème économique. Depuis la création du parc, une convention tripartite lie en effet l’établissement public aux deux régions BFC et Grand Est ; cet accord permet notamment de mobiliser des financements RH (chargés de mission pour les espèces à enjeux, pour l’élaboration du plan d’adaptation au changement climatique des forêts du territoire), d’aider le dispositif « forêt irrégulière école », centre de ressources concernant la sylviculture mélangée à couvert continu avec une enveloppe de 189 450 € sur trois ans, d’engager 1,2 M€ de fonds européens dont la région est autorité de gestion pour la protection de la biodiversité ou encore 130 000 € au titre des zones Natura 2000 dans le châtillonnais.