Collectivités

L’accessibilité des bâtiments publics reste un défi

Yonne. Alors qu’APF France handicap poursuit l’État pour dénoncer l’inaction de certaines préfectures sur l’accessibilité des établissements, la commune de Monéteau a engagé depuis plusieurs années un vaste chantier pour adapter ses bâtiments aux personnes en situation de handicap. Une exemplarité saluée par un déplacement mercredi 20 mai, d’Isabelle Saurat, déléguée interministérielle à l’accessibilité.

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Photo de Isabelle Saurat, Jean Baptiste Lepetz et Arminda Guiblain
Au centre, Isabelle Saurat, déléguée interministérielle en charge de l’accessibilité, avec, à sa gauche, Jean Baptiste Lepetz, directeur académique des services de l’éducation nationale de l’Yonne et à sa droite, Arminda Guiblain, maire de Monéteau. Crédit : JDP.

La question de l’accessibilité revient au cœur du débat public. En Centre-Val de Loire, APF France Handicap a récemment engagé des poursuites contre l’État, dénonçant « l’inaction » et « le silence » de plusieurs préfectures face aux retards pris dans la mise en conformité des établissements recevant du public (ERP). La France compte quelque deux millions d’ERP dont près de la moitié (900 000) sont en dehors de tout dispositif de mise en accessibilité. Une problématique qui concerne encore de nombreuses collectivités, vingt ans après la loi handicap de 2005.

À Monéteau, la municipalité travaille depuis plusieurs années sur un vaste programme de mise aux normes de ses bâtiments publics. Dans cette commune, 22 ERP sont concernés par ces aménagements. Entre 2015 et 2020, près de 489 000 € ont été investis dans ces travaux. La mairie, le Château Colbert ou encore l’école Colbert ont déjà bénéficié d’adaptations. Au centre de loisirs de Monéteau, un ascenseur a notamment été créé afin de faciliter l’accès aux différents espaces.

Mercredi 20 mai, la commune a accueilli Isabelle Saurat, déléguée interministérielle à l’accessibilité, venue échanger avec les acteurs locaux et découvrir plusieurs réalisations menées sur le territoire. Lors de cette visite, elle a salué les efforts engagés dans des bâtiments anciens. « On arrive à rendre les choses accessibles avec en plus souvent un geste architectural, a-t-elle déclaré. L’accessibilité, ça n’est pas que du réglementaire, c’est aussi du beau. »

Entre contraintes financières et volonté politique

La principale difficulté reste souvent technique. Adapter des bâtiments historiques nécessite parfois des solutions complexes et coûteuses. « Parfois, on n’a pas besoin de gros aménagements pour rendre les choses accessibles », nuance toutefois Arminda Guiblain, maire de Monéteau, qui défend une approche progressive et pragmatique. Depuis six ans, la commune avance étape par étape.

La commune bénéficie néanmoins de plusieurs leviers pour mener ces projets. Des aides financières, notamment de la CAF, ont permis d’accompagner certains investissements. Les évolutions réglementaires autorisent également certaines dérogations lorsque les contraintes techniques sont trop importantes dans les bâtiments anciens.

Pour Isabelle Saurat, l’enjeu consiste aussi à penser l’accessibilité dès la conception des projets. « Quand c’est pensé avant, ça coûte moins cher que si on doit corriger après », a-t-elle estimé lors de son déplacement à Monéteau. Elle insiste également sur la nécessité d’associer les personnes en situation de handicap aux réflexions d’aménagement afin d’adapter les projets aux usages réels.