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92e année

L’hydrogène vert, une énergie pleine de promesses

Énergie. La station d’avitaillement AuxHYGen a été inaugurée en grandes pompes mercredi dernier. Le lancement du plus important site de production et de distribution d’hydrogène d’origine renouvelable de France constitue la deuxième étape du déploiement d’un écosystème vertueux dans l’Auxerrois, après la mise en circulation de cinq bus “nouvelle génération” sur le réseau de transport urbain.

De gauche à droite, Michel Neugnot, vice-président du conseil régional en charge des mobilités, Nicolas Soret, vice président du conseil régional en charge du développement économique, Henri Prévost, préfet du département de l’Yonne, Fabien Sudry, préfet de la région, Christophe Bonnefond, vice-président de la communauté d’agglomération de l’Auxerrois, Crescent Marault, maire d’Auxerre et président de la communauté d’agglomération, Jean-Bernard Lévy, pdg du groupe EDF, Guillaume Larrivé, député de la première circonscription, et Édouard Hénaut, directeur général de Transdev France.

Au lendemain de l’annonce d’un plan d’investissement de 30 milliards d’euros dans les secteurs d’avenir par le Président de la République, Emmanuel Macron, dont une part non négligeable fléchée vers l’hydrogène vert, l’Auxerrois semblait avoir un temps d’avance. En présence, notamment, de Jean-Bernard Lévy, président - directeur général du groupe EDF, et d’Édouard Hénaut, directeur général de Transdev France, Crescent Marault a donné le coup d’envoi à, ce qui s’apparente être, un véritable changement de paradigme industriel et sociétal à Auxerre.

Le maire de la ville et président de l’agglomération de l’Auxerrois fonde, d’ailleurs, beaucoup d’espoirs sur cette filière énergétique neutre en carbone et « 100 % d’origine renouvelable », dont il a fait l’une des pierres angulaires du « renouveau économique et de la transition énergétique » de son projet de territoire 2021-2031. D’une puissance d’un mégawatt, la station auxerroise développée par Hynamics - la filiale spécialisée de l’électricien historique - est dotée d’une capacité de production de 400 kilogrammes d’hydrogène vert par jour. De quoi alimenter, depuis la rentrée, les cinq bus Businova H2 exploités par Transdev sur le réseau de transport urbain Léo.

Horizon 2025

À l’horizon 2025, une montée en puissance à trois mégawatts doit accompagner l’émergence de nouveaux besoins en matière de mobilité. À commencer par le ferroviaire, puisque le conseil régional de Bourgogne Franche-Comté - partie prenante au projet - doit mettre en service trois trains à hydrogène sur la ligne Auxerre-Laroche-Migennes, avitaillés par la station AuxHYGen. « Demain, nous serons capables de répondre au développement des usages dans la mobilité lourde, le transport fluvial ou encore dans la construction, avec l’hydrogène stationnaire qui représente un véritable potentiel économique dans le cadre des bâtiments à énergie positive. »

Une massification qui s’avère indispensable pour diviser par deux le tarif « à la pompe ». « L’innovation est toujours un pari sur l’avenir, sur l’investissement. Demain, nous générerons des recettes qui ruisselleront sur le territoire auxerrois et dans toute la Bourgogne Franche-Comté. »

Levier de croissance

Au-delà des enjeux environnementaux et de la nécessaire transition écologique, le territoire icaunais entend ancrer cette technologie porteuse in situet y développer tout un écosystème espérant, pour cela, être « identifié » sur les radars de l’innovation. Une soixantaine d’entreprises locales, comme le distributeur Schiever ou le fabricant de semi-remorques Fruehauf, ont d’ores et déjà intégré ce transfert modal dans leur réflexion, d’autant que les débouchés en matière d’emploi et de nouveaux marchés sont prometteurs, tant dans la conception industrielle que dans la maintenance ou la logistique.

La communauté d’agglomération souhaite créer au pôle environnemental un incubateur dédié à la R&D pour attirer les start-up du secteur hydrogène. « Notre objectif : transformer à l’avenir cet incubateur en technopôle pour réfléchir aux formations de demain et mettre en place les compétences indispensables, explique Crescent Marault. Nous allons démontrer que c’est aussi possible dans les villes moyennes et pas réservé aux seules métropoles ».

Stéphane Bourdier