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93e année

L’unité de traitement de la Malate s’offre un nouveau bâtiment

Aménagement. Pour faire face aux changements climatiques et sécuriser la qualité d’eau traitée produite, des travaux d’amélioration de l’Unité de traitement de l’eau potable (UTEP) de la Malate, au sein de Grand Besançon Métropole, sont en cours.

L’Unité de traitement de l’eau potable (UTEP) de la Malate. JDP

Située sur la commune de Montfaucon, l’UTEP de La Malate traite (24 heures sur 24, 365 jours par an) l’eau en provenance de la source d’Arcier et la refoule à débit variable sur l’aqueduc de La Malate jusqu’au réservoir bisontin de Saint-Jean, situé au pied nord-ouest de la citadelle.

« Les eaux des sources d’Arcier étaient captées et transportées dès 171 après J-C à Vesontio, le futur Besançon, via un aqueduc construit par les romains. Elles se déversaient dans un collecteur situé aujourd’hui sous le square Castan. Les parties aériennes de l’aqueduc seront détruites au milieu du Ve siècle. En 1834, la ville de Besançon fait l’acquisition de la source d’Arcier et un nouvel aqueduc en maçonnerie, parallèle au premier, est construit. L’UTEP de la Malate voit le jour en 1935 en dérivation de l’aqueduc d’Arcier. Elle est rénovée en 1976 puis 1992, raconte Olivier Jeannerot, chef de service traitement et transfert des eaux du département eau et assainissement de Grand Besançon Métropole (GBM). Elle fournit environ 45 % des besoins en eau des Bisontins avec environ 2,8 millions de m3/an. Des interconnections avec les autres ressources en eau potable de Besançon (Chenecey-Buillon, Novillars et Chailluz) sécurisent par ailleurs la production et la distribution en eau potable de la commune de Besançon ». Aujourd’hui, pour répondre aux nouveaux enjeux du changement climatique la station s’apprête à connaitre une nouvelle jeunesse.

Une nécessité de moderniser

« La sécheresse de 2016, nous a montré que la source d’Arcier n’était suffisante pour sécuriser l’approvisionnement en eau de la ville. Nous avons ainsi été obligés de prendre de l’eau dans le Doubs, avec son lot de nouvelles contraintes quant au respect de la qualité de l’eau traitée  », rappelle Olivier Jeannerot. D’où la nécessité de moderniser l’UTEP de la Malate. Les travaux ont commencé au printemps 2021 par la démolition de l’ancienne usine et de ses anciens filtres à sables inutilisés. Ils verront à terme la création d’un nouveau bâtiment répondant à cinq enjeux fondamentaux :

  • Sécuriser et améliorer la qualité des eaux traitées produites, afin de limité l’utilisation de l’eau en bouteille, via l’arrêt et le remplacement de l’aqueduc en pierre de 1935 par une conduite moderne permettant de réduire les risques de pollution sur l’eau traitée.
  • Réduire les impacts environnementaux via une désinfection par des ultra-violet et du chlore en remplacement de l’ozone.
  • « La récupération et le traitement des eaux de lavage par décantation doit permettre de diviser par dix les rejets de polluants dans le Doubs », précise Olivier Jeannerot.
  • S’adapter aux évolutions climatiques en permettant la production d’eau potable avec un niveau d’étiage plus bas.
  • Améliorer la performance du process par le remplacement des pompes de refoulement.
  • Gérer les éventuelles pénuries d’eau.
  • L’eau produite par l’UTEP de La Malate sera à terme refoulée directement au réservoir bisontin du fort Griffon via la nouvelle conduite sous pression posée sous le chemin de halage en rive gauche du Doubs en 2011.
  • Les effluents et les boues issues du process de potabilisation seront rejetés dans le réseau d’eaux usées.

Les travaux sont estimés à 3.450.000 euros HT et des demandes de subventions ont été déposées auprès du conseil départementale du Doubs et de l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse.

Frédéric Chevalier