L’Yonne, théâtre d’opérations militaires hors normes
Yonne. Baptisé Orion, l’exercice militaire qui, outre le territoire icaunais, implique 15 départements hexagonaux et d’outre-mer, va mobiliser localement plusieurs milliers de militaires jusqu’au 8 mai.
Opération de grande envergure pour des armées Résilientes, Interopérables, Orientées vers le combat de haute intensité et Novatrices (Orion). Si l’intitulé est un peu long, il a au moins le mérite d’être explicite. « Dans un contexte international marqué par une instabilité croissante et une évolution des formes de conflictualité, les armées se préparent à faire face à des menaces dans l’ensemble des champs de confrontation, y compris hybrides, et à des engagements de haute intensité », rappelle le préfet de l’Yonne, Pascal Jan. Au plus fort de cet impressionnant exercice militaire qui implique 12 ministères, 90 directions, services et organismes interarmées, 12.500 hommes, 1.800 véhicules tactiques ou encore 800 drones de combat vont être engagés sur le sol icaunais. « L’exercice Orion 2026 s’inscrit dans cette démarche d’anticipation et d’adaptation permanente, visant à garantir la capacité de la France à répondre à toute forme de menace. » Mobilisée au même titre que l’Armée de terre et la Marine nationale, l’Armée de l’air et de l’espace va faire voler différents aéronefs pendant toute la durée de l’exercice. De jour comme de nuit.
Population et entreprises concernées
Jusqu’au 8 mai, les Icaunais doivent donc s’attendre à voir débarquer des militaires dans différentes tenues de combat et à connaître un certain nombre de désagréments pouvant perturber leur quotidien tels que des ralentissements de la circulation routière causés par des convois militaires. Dans le scénario imaginé par les états-majors, l’Yonne doit servir de base de déploiement opérationnel et de stationnement d’unités logistiques mais ne sera pas le théâtre d’opérations de combat. Contrairement aux départements champenois, l’Aube et la Marne. « Orion 2026 vise également à sensibiliser l’ensemble de la société civile aux enjeux de défense et aux défis contemporains. En renforçant la connaissance et la compréhension de ces sujets au sein de la population, l’exercice contribue au développement des capacités collectives de défense. Il participe ainsi à la résilience nationale face aux menaces susceptibles d’affecter le territoire. » D’intérêt général, ces grandes manoeuvres revêtent, par ailleurs, un caractère « pédagogique » en interrogeant la population sur son implication et sa résilience en temps de guerre.
« Plus largement, Orion 2026 s’inscrit dans une dynamique de cohésion nationale, en rappelant que la protection de la Nation est le fruit d’un effort collectif, qui dépasse le seul cadre militaire », explique le préfet de l’Yonne dans son communiqué. Un effort collectif qui ne peut se faire sans le monde économique comme le rapporte L’Yonne républicaine dans son édition du 26 mars. « Dans l’Yonne, on est dans l’échange avec des entreprises locales qui pourraient produire du matériel, afin de préparer au mieux les armées en haute intensité. On fait un répertoire de recensement de toutes les entreprises qui seraient prêtes à jouer le jeu », rappelle Pascal Jan. D’autant que dans le cadre de l’exercice Orion 2026 qui couvre un large spectre d’opérations – « Terre, Mer, Air, Cyber, Espace, Informationnel et Électromagnétique » –, les entreprises « du petit apiculteur du coin à Fruehauf » doivent rester en alerte face aux enjeux de cybersécurité, composante contemporaine des guerres hybrides. Comme une énième piqûre de rappel, grandeur nature cette fois.