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La Fondation Pluriel déploie un mécénat local et de compétences

Mécénat. Depuis sa transformation en fondation reconnue d’utilité publique en 2022, la Fondation Pluriel structure ses activités de mécénat autour d’un modèle hybride, alliant solidarité et performance économique. Entre avantages fiscaux pour les donateurs et partenariats « gagnant-gagnant » avec les entreprises locales, l’organisation s’affirme comme un acteur incontournable de l’économie sociale et solidaire (ESS) sur le territoire.

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(Crédits : Fondation Pluriel / David Cesbron)

La mutation de la Fondation Pluriel, opérée il y a quatre ans, a marqué un tournant stratégique pour ce collectif franc-comtois engagé au service de l’inclusion des personnes en situation de handicap, de dépendance ou de fragilité sociale. Le passage du statut associatif à celui de fondation reconnue d’utilité publique, a ainsi offert à ex-Adapei du Doubs un cadre juridique plus sécurisant pour les donateurs, qu’ils soient particuliers ou entreprises, l’accès au mécénat et à des avantages fiscaux significatifs, notamment au titre de l’impôt sur la fortune immobilière, des leviers que la fondation souhaite davantage activer à l’avenir.

« Dans un contexte marqué par une contraction durable des ressources allouées par les financeurs institutionnels, l’ambition de la fondation est de garantir son modèle économique à long terme pour pérenniser la qualité des accompagnements », explique Franck Aigubelle, directeur général de la Fondation Pluriel.

L’organisation s’appuie sur une gouvernance solide où siègent des partenaires institutionnels de premier plan comme la région Bourgogne Franche-Comté, la CCI Saône-Doubs et la Banque des Territoires, « qui sont membres de droit, précise Franck Aigubelle. C’est inscrit dans nos statuts et validé par le ministère de l’Intérieur. Cela montre bien l’orientation économique que l’on donne à la fondation ». La structure qui est notamment active sur le champ de l’insertion professionnelle dans des filières aussi variées que la sous-traitance automobile, la restauration collective, l’entretien d’espaces verts, la blanchisserie..., génère un chiffre d’affaires de 160 M€, « intégralement réinvesti dans l’économie locale et non délocalisable, affirme Franck Aigubelle. Nous sommes parfois vu uniquement comme une source de coût pour la collectivité, alors que l’on porte en fonds propres une bonne partie de notre activité. Quand on concrétise des projets immobiliers, à l’image de la reconstruction de notre blanchisserie à Pontarlier, pour 11 M€, c’est autant d’entreprises locales qui en bénéficient ».

Le mécénat par l’activité : le choix du « gagnant-gagnant »

Si la fondation est habilitée à recevoir des dons et des legs classiques, elle entend aujourd’hui activer davantage le levier d’un mécénat ancré dans le monde du travail. Pour Franck Aigubelle, le soutien le plus efficace passe ainsi par l’engagement économique des entreprises partenaires. « Le meilleur moyen de nous soutenir, c’est de construire avec nos clients des partenariats qui s’inscrivent dans la durée, qui offrent à la fois la garantie de parcours fluides et sans ruptures pour nos publics, tout en sécurisant nos finances », appuie Franck Aigubelle. En sollicitant ces services, les entreprises remplissent non seulement leurs obligations d’emploi de travailleurs handicapés mais elles soutiennent aussi directement l’insertion professionnelle des personnes fragiles. La fondation travaille déjà avec de grands comptes comme Stellantis, SEB ou le groupe Accor.

Une générosité de proximité

Outre le mécénat de compétences, la fondation, qui possède son propre organisme de formation (Formasens) est également habilitée à recevoir la taxe d’apprentissage. « Cela nous a permis récemment d’aménager des locaux professionnels de Maiche, de mettre en place une serre à Montbéliard ou plus généralement de construire des formations professionnalisantes permettant aux personnes en situation de handicap d’intégrer les entreprises sur les secteurs en tension ».

Le premier grand chantier sous son nouveau statut, de la Fondation Pluriel concerne la rénovation d’un gymnase à Montbéliard, un projet estimé à 2 M€ pour lequel la structure devrait activer son plan mécénat. « La proximité reste essentielle pour nos donateurs, rappelle Franck Aigubelle. De nombreuses familles nous soutiennent parce qu’elles ont une personne en situation de handicap qui a été accueillie dans un de nos établissements. De même les associations locales ont à coeur de flécher leurs dons vers des projets concrets, solidaires qui font vivre le territoire ».

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