La formation : un enjeu stratégique
Défense. Le besoin de formation est un pilier stratégique indispensable pour accompagner la montée en puissance de l’industrie de la défense, au même titre que l’investissement matériel.
Le besoin de formation est un pilier stratégique indispensable pour accompagner la montée en puissance de l’industrie de la défense, au même titre que l’investissement matériel. C’est pourquoi la région BFC a débloqué un effort de 6 M€ par an dédié exclusivement à la formation professionnelle, dans le cadre de sa feuille de route 2026-2030 pour l’industrie de défense. « La formation est le levier qui doit permettre aux entreprises locales, notamment celles issues de secteurs en mutation comme l’automobile, de réussir leur bascule vers la défense. Il s’agit de reconvertir et d’adapter les savoir-faire existants aux exigences spécifiques du milieu militaire », précise Jérôme Durain, président de la région BFC, qui revendique une BFC qui serait « un territoire BITD friendly ».
Pénurie de talents
Le secteur de la défense est en forte tension de recrutement. Le Général de corps d’armée Jean-Marc Duquesne, délégué général du Gicat, note que, sur le plan national, environ 10 % des postes restent non pourvus dans l’industrie terrestre. La formation doit donc permettre de combler ces lacunes pour assurer la production en série, plus rapidement et à moindre coût. « L’économie de la défense offre des opportunités de carrières pérennes et non délocalisables notamment pour les jeunes, elle recrute fortement avec des salaires attractifs », précise-t-il.
Le passage à une économie de guerre impose de maintenir et de sécuriser des compétences humaines critiques sur le long terme pour être capable de soutenir un engagement majeur dans la durée. « Les conflits qui nous entourent nous obligent, en effet, à passer à la vitesse supérieure. Notre industrie de défense doit donc accélérer dans la voie de l’innovation et de la capacité à produire en masse. Et cela passe par le développement des coopérations entre les industries civiles et militaires. Des matériels innovants peuvent être produits par des entreprises civiles ; des entreprises civiles peuvent se développer dans le secteur de la défense ; des jeunes ingénieurs, techniciens, ouvriers spécialisés qui étaient intéressés par l’électronique, l’aviation, la logistique, l’innovation peuvent maintenant trouver à s’épanouir dans l’économie de la défense qui crée des opportunités et des perspectives pour tous les profils de carrière », argue Cédric Perrin, sénateur du Territoire de Belfort, président de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat.