La région chiffre son plan de rentrée
Région BFC. Malgré la perte de 81 M€ de dotations de l’État sur deux ans, la région BFC choisit d’ériger la jeunesse en priorité absolue autour d’un triptyque : émanciper, protéger et former.
Pour sa rentrée, le conseil régional de Bourgogne Franche-Comté articule sa politique jeunesse autour de trois axes budgétaires assumés, détaillés par son président Jérôme Durain : émanciper, protéger, former les citoyens de demain. 336 M€ sont consacrés à l’enseignement en lycées généraux et professionnels dans la région.
Miser sur le pouvoir d’achat des familles
La mobilité concentre l’effort financier le plus visible : jusqu’à 2.000 € d’économies annuelles par enfant pour une famille modeste, dont environ 1.100 € via la gratuité du transport scolaire. S’y ajoutent le tarif Mobigo à 2 € par trajet, une réduction sur le réseau TER pour les moins de 26 ans, et une aide de 300 € pour le passage du permis de conduire. Côté vie lycéenne, dans une région qui compte 103.236 lycéens, la région évoque des économies allant jusqu’à 280 € sur la restauration, 106 € sur les fournitures et 300 € sur l’hébergement pour les familles. 12.000 d’entre elles ont bénéficié en 2026 d’une tarification sociale pour la restauration et l’internat. La carte avantage jeune, vendue 10 €, donne accès à « 4.000 bons plans et devient gratuite pour les jeunes ayant occupé un job d’été ». Sur l’insertion professionnelle, une plateforme régionale recense 4.700 offres de stage, complétée par une bourse de mobilité internationale pouvant atteindre 2.280 €.
Protéger : sécurité, santé et budget bâti
La sécurisation des établissements a mobilisé 18 M€ depuis 2017, avec 2 M€ supplémentaires en 2026. Sur la prévention des addictions, la région expérimente, avec la Mildeca, un dispositif pilote dans onze lycées. Sur le volet alimentaire, l’objectif fixé est d’atteindre 75 % de produits locaux et bio dans les assiettes lycéennes, avec 21 établissements mobilisés dans l’opération Radar pour les circuits courts.
Le bâti scolaire représente 100 M€ par an en BFC (128 lycées publics sur 224 sites) avec des actions vers le « confort d’été » à travers des aménagements ciblés comme la végétalisation, l’installation de brise-soleil et la pose de films antichaleur. Le plan national canicule de 190 M€, soit environ 21.000 € par établissement, est jugé insuffisant par le président Jérôme Durain qui précise : « Le confort thermique d’un seul internat coûte entre 10 et 15 M€. » La construction en trois mois ex-nihilo grâce à des bâtiments modulaires du lycée des Haberges (Vesoul), après la fermeture d’urgence du site historique, illustre selon le président la capacité d’accélération de l’action régionale. Coût de l’opération : 2 M€.
Former : des ambitions sous contrainte
Sur le volet formation, la région alerte sur une perte de 81 M€ de crédits d’État en deux ans, touchant l’apprentissage et la formation des demandeurs d’emploi, alors que l’autonomie fiscale régionale reste inférieure à 10 %.