Le CD 21 signe le Manifeste sur l’eau
Côte-d’Or. François Sauvadet a signé le 12 janvier le « Manifeste pour une eau au service de la souveraineté agricole et alimentaire », coconstruit par la chambre d’agriculture 21 et l’Alliance BFC.
En BFC, le dérèglement climatique pourrait entraîner une baisse de 10 à 20 % des rendements agricoles, une perte annuelle estimée à environ 440.000 tonnes de blé et 4 millions de tonnes d’herbe, soit 1,5 Md de baguettes ou 40 000 tonnes de viande bovine. À l’horizon 2100, la baisse de production correspondrait aux besoins alimentaires de 1,1 million de personnes, soit près de 40 % de la population régionale.
Ces chiffres, issus du Manifeste pour une eau au service de la souveraineté agricole et alimentaire, sont cruciaux dans une région où l’agriculture occupe la moitié du territoire, (2,48 M ha de surface agricole utile). Si les volumes de précipitations restent globalement stables, leur répartition évolue fortement, avec davantage de pluie en hiver et au printemps et des étés plus secs. Conséquence directe : +120 mm d’évapotranspiration potentielle par an, une hausse des besoins en eau des cultures et une baisse marquée des débits des cours d’eau entre mai et octobre, dans un contexte de hausse des températures estimée à +3 °C d’ici 2100.
Des solutions clivantes
Face à ces constats, une partie du monde agricole départemental a formalisé une position avec ce Manifeste, initié en 2024 par la Chambre d’Agriculture de Côte-d’Or et l’Alliance BFC, fruit d’une synthèse partagée avec plusieurs organisations professionnelles agricoles. Pas toutes cependant : les tenants de l’agriculture paysanne estiment qu’une place trop prépondérante est accordée aux bassins de rétention d’eau pour faire face aux pénuries projetées et l’ont fait publiquement savoir dans une réponse à ce Manifeste.
« Face à ce constat et à l’affirmation acceptée par toutes et tous que l’agriculture ne peut pas se passer d’eau, nous avons vu alors apparaître des solutions et un vocabulaire pernicieux pour mettre en avant des fausses solutions de court terme, à grand coup d’argent public, n’apportant aucune avancée réelle à la nécessaire évolution du système agricole dominant, expliquent-elles. L’irrigation pour booster le rendement des cultures à des fins d’exportation doit cesser. »
Des réserves que ne partage pas François Sauvadet, qui a plusieurs fois pris publiquement position en faveur de ces dispositifs. Le président du conseil départemental de la Côte-d’Or (à droite sur la photo), a logiquement signé le manifeste avec Jacques de Loisy, président de la chambre d’Agriculture 21, reconnaissant son diagnostic.
Politique concertée de l’état
Cette démarche fait écho aux constats de l’État. Lors de la conférence départementale sur l’eau du 1er décembre 2025 qu’il avait initiée, le préfet de la région BFC et de la Côte-d’Or, Paul Mourier, avait rappelé la vulnérabilité d’un territoire situé en tête de trois grands bassins hydrographiques et caractérisé par des sols karstiques peu rétenteurs. En Côte-d’Or, 84 % des prélèvements concernent l’eau potable, contre 10 % pour l’irrigation, tandis que le débit de la Saône a diminué de 23 % depuis 1975. Paul Mourier avait appelé à sortir d’une gestion de crise pour une véritable politique de l’eau anticipée, concertée et partagée, en cohérence avec le « Plan eau » gouvernemental.