Le Ceser BFC trace sa voie sur l’IA et la donnée
Intelligence Artificielle. Le Conseil économique, social et environnemental régional (Ceser) de Bourgogne Franche-Comté a présenté le 15 septembre à la maison régionale de l’innovation sa contribution sur l’intelligence artificielle et la donnée, assortie de 12 préconisations.
Le Conseil économique, social et environnemental régional (Ceser) de Bourgogne Franche-Comté a présenté le 15 septembre à la maison régionale de l’innovation sa contribution sur l’intelligence artificielle et la donnée, assortie de 12 préconisations. Une démarche inédite : selon sa présidente Élise Moreau, « le Ceser a été associé au comité de pilotage dès le départ, ce qui constitue une première sous cette forme en France ».
Pour le président de la commission Mobilité, Énergie et Numérique, Jean-François Dugourd, « l’enjeu n’est pas d’être pour ou contre l’IA, mais de savoir comment, pourquoi et dans quelles conditions l’utiliser ». La future stratégie régionale devra être « progressive, adaptable et maîtrisée », en tenant compte d’« un territoire rural marqué par des disparités géographiques et démographiques ».
Cinq orientations pour 12 préconisations
Cinq orientations (gouvernance, cas d’usage, éducation, environnement et donnée) structurent le rapport. La première appelle à une gouvernance régionale et un cadre de référence : la rapporteure Carmen Munoz-Dormoy (directrice à l’action régionale du groupe EDF en BFC, conseillère du Ceser au titre du Medef) plaide pour que « tous les acteurs partagent un langage commun, évitent les doublons ».
La deuxième vise des usages « utiles, responsables et accessibles », avec un principe cher au rapporteur Michel Bleuze (conseiller au titre de l’Union régionale des associations familiales) : « le droit au non-numérique », pour qu’« un accès équivalent aux services publics soit maintenu » pour ceux qui restent éloignés du numérique. Sur ce sujet de la fracture numérique, les rapporteurs citent l’exemple de Villeurbanne, « qui garantit un traitement physique et papier pour les citoyens ne souhaitant pas utiliser le numérique », et appellent à valoriser des dispositifs mobiles régionaux : bus des femmes dans la Nièvre et le Jura, bus médicalisés, ou bus de La Poste dans le Jura.
Suivent l’éducation et l’acculturation - « la connaissance est la condition préalable à la maîtrise de l’IA » -, la sobriété environnementale, avec le principe « pas de projet d’IA sans analyse d’impact préalable », et enfin la donnée, jugée « socle indispensable : il n’y a pas d’IA sans données », rappelle Carmen Munoz-Dormoy, qui appelle à s’appuyer sur des démarches existantes comme Idéo BFC.
Interrogés sur les disparités entre départements, les rapporteurs assument ne pas avoir « audité l’ensemble des acteurs pour dresser un classement », mais visent une « mutualisation des bonnes pratiques et des algorithmes pour éviter que chacun ne réinvente la roue dans son coin ». Michel Bleuze insiste sur le rôle de « chef de file » du conseil régional pour éviter le fameux « millefeuille administratif » français.
Le cadre de sobriété se veut « une grille d’évaluation très pragmatique », invitant à « choisir des modèles plus sobres » et à évaluer systématiquement « la localisation de l’hébergement » avant toute utilisation d’une IA, avec un rôle moteur primordial du conseil régional comme modèle de bonne pratique.
« L’IA n’est ni une solution miracle, ni une menace absolue : c’est une boîte à outils », concluent les rapporteurs qui rappellent enfin que l’IA générative « n’a aucune intelligence ni conscience » et doit « rester un support de gain de temps et d’aide à la décision, sans se substituer au jugement humain ».