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93e année

Le CHU Dijon Bourgogne innove grâce à une société suisse

Santé. Le CHU Dijon Bourgogne vient de déployer une solution de radiologie interventionnelle utilisant une technologie innovante pour le traitement de certains cancers.

Le CHU Dijon Bourgogne innove grâce à une société suisse
Une dizaine de manipulateurs radio, cinq médecins et deux internes du CHU Dijon Bourgogne ont été formés à l’utilisation de cette technologique. (Crédit : CHU Dijon Bourgogne)

Depuis cet été, le système CAS-One IR, développé par la société suisse Cascination, a fait son entrée au CHU Dijon Bourgogne, faisant de cet établissement de santé le premier en France à déployer cette technologie. « Depuis, le CHU Dijon Bourgogne a mené avec succès plusieurs actes percutanés », observe Philippe Mathieu, responsable France de Cascination. Actuellement utilisé pour le traitement de cancers digestifs, « ce dispositif pourrait, à terme, être utilisé pour d’autres cancers et permettra des protocoles de recherche clinique », espère-t-il. Concrètement, le logiciel de ce système est capable de repérer une lésion, d’évaluer le volume à retirer, de définir avec précision la marge de sécurité autour de la lésion, ainsi que le chemin pour y accéder. « Un bras guide le geste du radiologue interventionnel pour l’accès à la lésion, garantissant une trajectoire parfaite jusqu’à la zone à traiter. Le logiciel permet de confirmer la position de l’aiguille et, grâce à un nouveau scanner effectué quelques minutes plus tard, de vérifier l’efficacité de l’intervention », détaille l’établissement de santé dijonnais.

Réduire le temps de prise en charge et augmenter la qualité de l’intervention

Si cette technologie innovante mise au service de la radiologie interventionnelle apporte précision et efficacité, « les patients qui bénéficient de cette solution sont hospitalisés un ou deux jours, contre huit à neuf jours pour des interventions chirurgicales, tout en réduisant les risques de récidive », explique le professeur Romaric Loffroy, chef du pôle imagerie au CHU Dijon Bourgogne. Pour lui, « la radiologie interventionnelle, appuyée par ce système, constitue une véritable alternative à la chirurgie. Non invasive, elle permet de soigner sans ouvrir, elle est moins risquée et elle contribue à une meilleure qualité de vie des patients ». Si son déploiement a coûté quelque 300.000 euros financés par le fond d’innovation de l’établissement, une dizaine d’interventions ont été menées depuis la première en août. Au total, une dizaine de manipulateurs radio, cinq médecins et deux internes du CHU Dijon Bourgogne ont été formés à l’utilisation de cette technologique pour laquelle la société suisse Cascination a reçu le prix de l’innovation lors des Journées francophones de la radiologie.

Antonin Tabard