Le département prépare déjà l’école de 2035
Yonne. Alors que les collégiens icaunais ont fait leur rentrée, le département regarde loin devant. Avec 15.000 élèves aujourd’hui et seulement 10.500 attendus en 2035, la collectivité va devoir adapter son patrimoine scolaire à une baisse démographique annoncée comme certaine.
La rentrée scolaire 2026 ne constitue pas seulement un rendez-vous traditionnel. Elle ouvre aussi une période de réflexion sur ce que seront les collèges icaunais dans 10 ans. Propriétaire des établissements publics du secondaire et compétent pour leur construction, leur équipement, leur entretien et leur fonctionnement, le département consacre chaque année des moyens importants à la politique éducative. Grégory Dorte, son président, a martelé que l’éducation faisait partie des priorités de la collectivité. Cette année, environ 15.000 collégiens fréquentent les établissements de l’Yonne, dont quelque 13.200 dans le public. Pour assurer leur accueil, 315 agents travaillent notamment dans la restauration, l’entretien et l’aménagement des établissements. Leur coût représente à lui seul environ 12 M€.
Mais derrière cette rentrée se dessine surtout une évolution démographique majeure. Jean-Luc Givord, vice-président chargé de l’éducation et de la jeunesse, l’a rappelé : « Aujourd’hui, il y a 15.000 collégiens dans l’Yonne. En 2035, nous aurons 10.500 élèves dans nos collèges. » Pour l’élu, il ne s’agit pas d’une simple prévision statistique. Les générations concernées étant déjà nées, une grande partie de cette évolution est d’ores et déjà inscrite dans la démographie. Le phénomène n’est d’ailleurs pas propre à l’Yonne. Le ministère de l’Éducation nationale prévoit une diminution des effectifs scolaires dans la plupart des territoires français d’ici 2035.
4 500 élèves en moins
La question est donc désormais de savoir comment gérer cette baisse sans fragiliser l’offre éducative dans les territoires. Avec 4.500 collégiens de moins en une dizaine d’années, le conseil départemental devra nécessairement s’interroger sur l’utilisation de ses bâtiments, leur capacité d’accueil et leur répartition géographique. Pour Jean-Luc Givord, la réponse ne pourra pas être uniforme. Le département souhaite mener une réflexion globale afin de « comprendre notre situation et nous comparer ». Un deuxième temps de travail doit permettre d’« imaginer les collèges de demain », avant un troisième rendez-vous annoncé pour 2028. L’objectif est de ne pas attendre que la baisse des effectifs produise ses conséquences pour agir.
Cette réflexion devra notamment prendre en compte les réalités propres à chaque territoire. Un collège qui perd des élèves ne se retrouve pas nécessairement confronté aux mêmes problématiques selon qu’il se situe dans une zone urbaine ou dans un secteur rural. Pour autant, le département ne semble pas vouloir ralentir ses investissements. Au contraire. Plus de 23 M€ par an sont consacrés aux collèges, tandis que la programmation pluriannuelle d’investissement 2026-2031 prévoit près de 80 M€ pour leur rénovation et leur modernisation. Plusieurs opérations illustrent cette volonté. À la rentrée, un nouveau bâtiment de 1.600 m² doit notamment être livré à Pont-sur-Yonne dans le cadre d’un projet de 15 M€, présenté comme l’un des plus ambitieux de la mandature.
S’adapter aussi au changement climatique
L’autre grand défi qui accompagne cette réflexion démographique est celui de l’adaptation des bâtiments au changement climatique. Les épisodes de chaleur de plus en plus fréquents obligent le conseil départemental à repenser ces établissements. Depuis 2020, la collectivité a engagé près de 99,1 M€ dans ses contrats de performance énergétique. En 2026, 26 M€ sont inscrits au budget sur ce volet. 24 collèges sont concernés : 16 ont déjà été traités, six sont en cours et deux établissements auxerrois restent en attente du déploiement du réseau de chaleur urbain. À plus court terme, l’assemblée départementale a également installé 300 brasseurs d’air dans ses collèges grâce à un appel à projets. L’objectif est de mieux supporter les fortes chaleurs sans engager systématiquement des travaux lourds. Jean-Luc Givord souhaite désormais aller plus loin avec un plan pluriannuel de lutte contre les aléas climatiques, qui doit permettre d’anticiper les épisodes de chaleur et, plus largement, d’adapter les établissements aux nouvelles conditions climatiques.