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Le futur de la médecine s’écrit aussi en Bourgogne Franche-Comté

Région BFC. Réunis à Dijon pour les 3es Assises régionales des biothérapies et de la bioproduction, les acteurs de la santé et de l’industrie ont dressé un bilan d’étape de leur feuille de route. Entre innovations de rupture et enjeux de souveraineté, la région s’affirme désormais comme un pôle d’excellence européen, voire au-delà.

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Photo de Lætitia Martinez, Jérôme Durain et Nicolas Soret
Lætitia Martinez, vice-présidente à l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation, l’égalité réelle et la la laïcité, Jérôme Durain, président de la région Bourgogne Franche-Comté et Nicolas Soret, vice-président aux finances, achats, développement économique, à l’économie sociale et solidaire et à l’emploi. Crédit : JDP.

Dix-huit mois après le lancement de la marque Biovaliance, dans le cadre des 3es assises régionales des biothérapies et de la bioproduction, le mercredi 10 juin, la BFC confirme son ambition : devenir un leader international des thérapies innovantes. Ce mouvement, qui mobilise chercheurs, start-up et grands groupes industriels, se structure autour de quatre domaines d’excellence : les thérapies cellulaires et géniques, la théranostique, les bioactivateurs et les procédés industriels.

Un collectif au service de la souveraineté sanitaire

Pour Jérôme Durain, président de la région BFC, l’enjeu dépasse le simple cadre médical : « Il ne s’agit pas pour moi d’une politique de plus, mais bien d’un mouvement régional qui est au cœur de notre politique économique. On est beaucoup dans le commentaire de ce qui ne fonctionne pas, mais là, nous avons un impact extrêmement positif d’une action régionale et des initiatives des acteurs. Ce qui est en jeu, ce sont des médicaments qui sont issus du vivant, des thérapies cellulaires géniques... qui permettent de traiter des maladies qui sont aujourd’hui incurables, des cancers, des maladies neurologiques graves, certaines pathologies rares pour lesquelles il n’y a aucune solution. Et, j’ose le dire, ce ne sont pas là des médicaments de demain, c’est déjà des médicaments qui existent, qui sont en cours de développement et que des patients attendent. C’est une nouvelle ère de la médecine qui s’annonce au niveau mondial et ce changement se passe en BFC aussi ».

Il souligne également l’importance stratégique de la filière pour l’autonomie du pays : « Notre pays a choisi de viser une production européenne de biomédicaments de 20 % d’ici dix ans, avec Biotech Act visant à encadrer et favoriser ce développement, notamment en faisant évoluer les normes réglementaires... Nos acteurs régionaux doivent contribuer à cette souveraineté sanitaire ». Tout en rappelant que cela ne se fera pas en un jour : « nous sommes au-delà du temps long [...] Il faut avoir l’esprit que 60 % du budget mondial de recherche en santé concernent les biothérapies, c’est le secteur qui est à la fois le plus dynamique, le plus prometteur mais aussi le plus difficile : développer un médicament c’est en moyenne 10 ans et cela coûte 2,3 Mds$ avec un taux d’échecs important ».

L’un des piliers de la réussite locale réside notamment dans la capacité de la région à faire travailler ensemble ses deux pôles universitaires et hospitaliers de Dijon et Besançon. Cette complémentarité permet de transformer les découvertes scientifiques en solutions industrielles concrètes, à l’image de start-ups comme Cellaven ou Carla Biotherapeutics : « RD-Biotech, ici en BFC, est le seul producteur français d’ADN plasmidique, un composant essentiel des vaccins à ARN messager. Quand Pfizer, en pleine crise Covid, a eu besoin de produire en urgence, une partie de la réponse était chez nous, à Besançon ».

Lætitia Martinez, vice-présidente à l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation, l’égalité réelle et la laïcité, insiste sur la richesse de ce terreau, avant de mettre en avant l’interdisciplinarité unique de la région, où « des experts en acoustique collaborent avec des biologistes pour améliorer le tri des cellules ».

Sur le plan économique, la marque Biovaliance a permis de gagner une visibilité internationale cruciale. Nicolas Soret, vice-président aux finances, achats, développement économique, à l’économie sociale et solidaire et à l’emploi, s’en félicite : « L’un des grands acquis de ce travail, c’est la création d’une marque qui nous permet d’être identifiés. Nous sommes allés à Bruxelles pour que l’Europe comprenne qu’il y a des choses qui se jouent ici ». Il précise que la région mobilise tous ses outils, du Fonds régional d’innovation aux dispositifs de France 2030 régionalisé en passant par une aide spécifique aux PME, aux co-investissements public-privé et à la capitalisation dans les start-up, pour accélérer les investissements et l’innovation. L’objectif final reste social : « L’enjeu est de rendre ces thérapies accessibles au plus grand nombre en optimisant les coûts de production pour la soutenabilité de notre système d’assurance maladie. 18 M€ de fonds Feder ont été notamment débloqués pour optimiser les procédés de fabrication des biomédicaments et en réduire les coûts ».

Grâce à sa position géographique stratégique, ses infrastructures de pointe, une feuille de route cohérente courant jusqu’en 2028, la BFC attire désormais les investisseurs mondiaux (échanges avec le Québec et lien tissé avec le cluster santé BioForward au Wisconsin...) et entend se donner les moyens de transformer durablement son paysage industriel (un volet santé du soldat est notamment en cours d’élaboration avec la Défense). « Nous n’avons pas vocation à rester à la périphérie du monde ! », conclut Jérôme Durain.