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92e année

Le GIGN forme les élus

Sécurité. Pour faire face aux situations tendues, les maires de Côte-d’Or reçoivent le soutien du GIGN.

Marie Duparc-Mignotte, maire de Saint-Jean-de-Losne. Christophe Remondière

En 2018, l’agression de Mary-Claude Thurillat, maire de Bagnot avait ému l’opinion publique, mettant le doigt sur un fait important, l’augmentation des agressions envers les élus : 1.276 en 2020, soit 23 % de plus en un an. La condamnation de son agresseur en janvier 2021 avait aussi alimenté la colère de certains maires côte-d’oriens. Un rapport parlementaire pointait d’ailleurs le peu de poursuites engagées (37 % de dépôts de plaintes). Pour faire face à cette recrudescence d’agressions verbales et physiques et de situations de plus en plus tendues, certains ont décidé de se prémunir en faisant appel au … GIGN (Groupement d’intervention de la Gendarmerie Nationale).

Début octobre à Saint-Jean-de-Losne, une dizaine d’élus côte-d’oriens ont reçu une formation délivrée par le négociateur du GIGN. L’objectif ? Apprendre à faire face aux agresseurs par le dialogue. Pour Marie Duparc- Mignotte, maire de Saint- Jean-de-Losne : « Cette formation a été extrêmement bénéfique. Elle a permis aux élus de communes rurales de pouvoir échanger entre nous sur des situations où nous nous sentons parfois seuls, de réfléchir sur nous-même et sur notre comportement pour mieux anticiper et ne pas nous mettre en danger ».

Le besoin de se défendre

Si la maire de Saint-Jean-de-Losne reconnait qu’elle est rarement confrontée à des agressions physiques, elle note en revanche une augmentation d’autres types d’agressions : « Les réseaux sociaux. Il suffit de deux personnes pour que l’on se sente complètement submergé. Les gens ne se rendent pas compte du quotidien d’un élu. Quand on passe une nuit avec les pompiers et que le lendemain on se fait insulter, cela nous touche. Nous ne sommes que des humains ». Une libération de la parole imputable selon elle à un manque de respect de l’élu : « Les gens s’en foutent. On nous tutoie très vite et on nous manque rapidement de respect ».

Un désarroi parfois aggravé par la réponse judiciaire : « J’ai porté plainte parce qu’un habitant utilisait ma signature et le cachet de la mairie pour insulter ses voisins. Puis pour une agression physique. Les plaintes n’ont jamais abouti ». Une situation qui pèse aussi sur la démocratie : aux dernières élections municipales, 106 communes n’avaient pas de candidats et dans la mandature 2014-2020, le nombre de démissions à mi-mandat a augmenté de 55 % par rapport à la précédente mandature. À ce jour, 10 % des élus de Côte-d’Or ont bénéficié de ces rencontres.

Antoine Gavory