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93e année

Le Grand Chalon veut développer l’industrie et décentraliser la formation

Attractivité. Axe fort du développement économique du territoire du Grand Chalon, l’industrie fait aujourd’hui l’objet d’une politique volontariste de la part de la collectivité qui souhaite tout mettre en place pour accueillir de nouveaux acteurs dans les meilleures conditions.

Sébastien Martin, président du Grand Chalon. JDP

Nous portons un vrai volontarisme en matière de développement économique et notamment de développement industriel  », témoigne Sébastien Martin, président du Grand Chalon qui investit près de 10 % de son budget (150 millions d’euros) dans le développement économique. Si jusqu’à présent le territoire du Grand Chalon qui compte près de 150.000 habitants dans le bassin d’emploi a pu être marqué par des options sur la logistique, la communauté d’agglomération souhaite aujourd’hui mettre l’accent sur le développement industriel. «  D’abord parce que c’est aussi dans notre ADN. N’oublions pas que nous avons 20 % de l’emploi sur le territoire du Grand Chalon qui est industriel, lorsqu’on parle de 12 % à l’échelle nationale, rappelle son président. Ensuite, parce que nous avons cette capacité d’accueil d’entreprises industrielles  ».

SaôneOr, site industriel clé en main

Le territoire qui compte aujourd’hui plus de 9.000 entreprises, toutes tailles et tous secteurs confondus, se veut être le premier pôle industriel entre Paris et Lyon et ce notamment grâce au développement de la zone SaôneOr qui comprend l’ancien site Kodak et sa réserve foncière de 100 hectares. «  Nous y accueillons des entreprises depuis 2017, se souvient-il. Il y a eu une implantation logistique, et toutes les autres sont des entreprises industrielles  ».

Avec l’installation prochaine de Vicky Foods et ses trois lignes de production sur 14 hectares, le Grand Chalon vient d’ailleurs de finaliser la commercialisation de la première tranche de 50 hectares  : «  Pour être tout à fait exact, il reste plus de 3,5 hectares à proposer à la commercialisation, et nous avons commencé, cet été, l’aménagement de la seconde tranche pour laquelle nous avons déjà des prospects très intéressants  ». L’objectif affiché par la collectivité pour cette zone qui compte déjà plus de 6.500 travailleurs répartis dans pas moins de 350 entreprises est de proposer des sites industriels clé en main.

« Nous avons aussi pour projet, dans le but d’améliorer encore la compétitivité du Grand Chalon, de créer un nouveau demi-diffuseur autoroutier »

«  Nous avons en effet été labélisés en ce sens par l’État pour pouvoir figurer sur la carte de France des sites industriels clé en main  », précise-t-il. Ainsi, quiconque souhaiterait s’installer sur la zone SaôneOr n’aura plus qu’à obtenir son permis de construire et son autorisation préfectorale ICPE (pour Installation classée protection de l’environnement). Le reste aura déjà été réalisé préalablement par la communauté d’agglomération, à savoir toutes les procédures liées à l’archéologie, l’eau ou encore la préservation de la faune et la flore.

«  De quoi gagner 12 à 18 mois minimum de procédure  », estime Sébastien Martin, et d’ajouter  : «  Nous avons aussi pour projet, dans le but d’améliorer encore la compétitivité du Grand Chalon, de créer un nouveau demi-diffuseur autoroutier. Les travaux démarreront en 2023 pour une livraison en 2024 et permettront un accès direct à SaôneOr depuis l’autoroute A6  ». Une aubaine pour le Grand Chalon qui, une fois la zone SaôneOr commercialisée entièrement, mettra aussi l’accent sur les friches industrielles. «  La loi Climat posait le principe du zéro artificialisation net des sols, signifiant ainsi que si nous urbanisons 20 hectares, par exemple, nous devons d’office en rendre 20 autres à la nature, explique le président de la communauté d’agglomération. Nous avons par exemple dernièrement racheté une friche de sept hectares de fonciers, anciennement Nordéon, pour 50.000 euros à la barre du tribunal et nous allons la réaménager pour en faire du foncier économique pour des implantations industrielles  ».

Décentraliser les formations

De nombreux projets d’implantations qui ne devraient pas manquer de créer de nombreux emplois pour ce territoire où le taux de chômage caracole avec la moyenne nationale de 7 % soit une situation de quasi plein emploi. «  Aujourd’hui, nous avons une progression extrêmement forte des intentions de recrutement. Nous avons par exemple eu sur le secteur de l’industrie + 35 % de déclaration préalable à l’embauche entre 2020 et 2021 et + 52 % concernant des contrats en CDI.  » Pour attirer de nouveaux talents, le Grand Chalon a mis en place, en plus de son dispositif d’accompagnement et de qualification, un service d’accompagnement à la transition professionnelle pour accompagner un public de techniciens supérieurs ou de cadres qui serait recruté et qui viendrait d’un autre territoire.

«  Je veux aussi de plus en plus développer des filières d’enseignement supérieur, parce que j’en ai marre d’entendre les écoles d’ingénieurs de Dijon se targuer qu’elles sont à Dijon alors qu’en réalité les trois quarts de nos étudiants en alternance sont à Chalon-sur-Saône ou au Creusot  », martèle l’élu. Pour lui, il sera important, dans les prochaines années, de rapprocher les lieux et les filières tournées vers l’industrie des territoires industriels. Entre autres exemples, le Grand Chalon a pu ouvrir, avec le Cnam, une licence informatique permettant d’avoir un cursus complet du bac au doctorat autour du numérique tourné vers l’industrie, grâce à l’Ensam.

Antonin Tabard