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92e année

Le marron du Morvan victime du dérèglement climatique

Environnement. Conséquence des perturbations climatiques, la Fête du Marron de Saint-Léger sous Beuvray devrait se dérouler sans marrons du Morvan.

Chaque année depuis les années 1900, le dernier week-end d’octobre à Saint-Léger sous Beuvray est le moment de la Foire aux marrons, du concours du plus gros marron, du plus beau panier et de la plus belle présentation. Une institution relancée dans les années 1980 par quelques passionnés et qui attire chaque année une quarantaine de producteurs de marrons du Morvan.

Mais cette année, la Foire aux marrons risque fort de se dérouler sans marrons. Et si la crise sanitaire n’y est pour rien, la météo en revanche est montrée du doigt : trois années de sécheresse, des gelées printanières, des pluies estivales, puis les premières gelées automnales, les marronniers ont affronté des aléas inédits et les marrons du Morvan ne sont pas arrivés à maturité : pas assez mûrs et donc trop verts, trop petits et pourrissant.

Un symbole fort de l’alimentation locale

Selon Michel Viellard-Baron, président du Syndicat des producteurs de Marrons à Saint-Léger depuis une vingtaine d’années, c’est une première dans l’histoire de cette fête seulement interrompue à deux reprises : pendant la guerre et en 2020 au milieu de la pandémie de covid19. Si cette édition ne sera pas annulée, elle risque en revanche de faire grise mine puisqu’elle ne verra pas les deux traditionnelles tonnes aller de mains en mains entre les habitants de la région.

Un seul espoir peut-être, une semaine entière de fortes chaleurs à laquelle Michel Viellard-Baron ne croit pas, le thermomètre affichant tous les matins des températures négatives… Même si les marrons du Morvan ne représentent qu’une culture et une économie de niche lors de la Foire aux marrons ( la production ne dépassant pas 2 tonnes), c’est une atteinte à un symbole fort de l’alimentation locale durant plusieurs siècles. Cette année, pour la première fois depuis plus de 100 ans, on risque fort de ne retrouver dans les étals que les aussi célèbres châtaignes de l’Ardèche.

Antoine Gavory