Le réseau TER Sens-Paris sous tension
Yonne. Entre investissements régionaux et hausse de fréquentation, la ligne Sens-Paris concentre tensions, retards et saturation, suscitant inquiétudes des élus et des usagers.
En 2015, la loi NOTRé (Nouvelle organisation territoriale de la République) renforce le rôle des régions comme autorités organisatrices des mobilités, notamment sur le TER et les transports interurbains. La Bourgogne Franche-Comté devient ainsi un acteur central des politiques économiques et des stratégies d’investissement, particulièrement concentrée sur le renouvellement du matériel roulant et la modernisation de l’offre TER : près de 300 M€ ont été engagés dans l’acquisition de rames Régiolis sur la dernière décennie. La région repense également son image et sa communication, notamment avec le lancement de la marque commerciale Mobigo en 2018, avec un déploiement progressif sur son réseau l’année suivante, notamment le TER Bourgogne Franche-Comté.
Un bassin de navetteurs important
Le réseau TER Mobigo enregistre environ 69.000 voyageurs par jour. Selon des estimations avancées par des élus locaux, près de 13.000 habitants de l’Yonne effectuent chaque jour des trajets domicile-travail vers l’Île-de-France, traduisant une forte dépendance du territoire aux mobilités ferroviaires vers la région parisienne. Dans ce flux, la ligne Sens-Paris concentre à elle seule environ 8.000 navetteurs quotidiens. Elle constitue ainsi l’un des principaux axes de mobilité entre la Bourgogne et la région parisienne, avec des trajets majoritairement liés à des déplacements professionnels. Cette ligne constitue également un facteur majeur d’attractivité pour le nord de l’Yonne.
Constat d’une dégradation du service
Toutefois, derrière ces chiffres, les conditions de transport suscitent des tensions croissantes, marquées par des retards répétés, des suppressions de trains et une suroccupation des rames, avec des trajets parfois effectués debout dans des conditions de forte affluence. Ces difficultés traduisent une forte pression sur les axes les plus fréquentés, où l’offre semble régulièrement insuffisante.
À cela s’ajoute une hausse des tarifs de 18,3 % depuis 2022 qui laisse les usagers dans l’incompréhension dans ce contexte de dysfonctionnement.
Les conditions d’exploitation du réseau suscitent tout autant une préoccupation croissante de la part des élus locaux.
Un projet d’exposition à Sens
Réunis à Sens fin juin, les maires de l’agglomération du Grand Sénonais ont dénoncé publiquement une situation jugée dégradée et inacceptable, appelant les usagers à témoigner à cette occasion. Ce rassemblement marquait également le lancement d’une opération d’ampleur.
Les élus ont invité les voyageurs à documenter les difficultés rencontrées par des photographies et des témoignages. Ces contributions seront valorisées dans le cadre d’une grande exposition prévue en septembre.